Stocker du CO2 dans les profondeur de la mer du Nord? Belgique et Royaume-Uni signent un protocole d'accord

Malgré un coût très élevé, la capture et le stockage de CO2 sont présentés comme des solutions cruciales pour verdir certains secteurs industriels. La Belgique et le Royaume-Uni annoncent qu'ils collaboreront sur le sujet.

Belga
Queen Mathilde of Belgium and King Philippe - Filip of Belgium pictured during a high level forum on carbon capture, storage and energy security, at the Petroleum museum in Stavanger, on day three of the official state visit of the Belgian royal couple to Norway, on Thursday 26 March 2026. Belgian monarchs are on an official state visit to Norway from 24 to 26 March 2026. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE
La Belgique a déjà signé des accords en matière de captage, transport et stockage de CO2 avec la Norvège, comme l'ont constaté nos souverains en mars 2026. La Norvège a ouvert le premier "cimetière de CO2" au monde. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE ©Belgaimage

La Belgique et le Royaume-Uni ont signé mardi 16 juin 2026 un accord bilatéral en matière de transport et de stockage permanent de CO2. Le texte, qualifié "d'étape importante" dans la mise en place d'un marché du captage, de l'utilisation et du stockage du carbone (CCUS), a été paraphé à l'ambassade du Royaume-Uni à Bruxelles par le ministre d'Etat britannique à la Sécurité énergétique, Alan Whitehead, et la ministre fédérale de la Justice et de la Mer du Nord, Annelies Verlinden. Les ministres régionaux flamand et wallon de l'Energie sont également parties prenantes.

Le "memorandum of understanding" (MoU) entre les deux pays vise à surmonter un obstacle réglementaire majeur au transport et au stockage de CO2, en permettant, dans le cadre du Protocole de Londres sur la prévention de la pollution des mers, les importations et exportations de CO2 à des fins de stockage géologique permanent. L'accord doit favoriser les projets transfrontaliers en matière de CCUS et offrir davantage de clarté réglementaire aux industries belges et britanniques. Ces projets pourraient, par exemple, prendre la forme de stockage de CO2 émis en Belgique ou dans d'autres pays dans le sous-sol marin de la mer du Nord. Le CO2 peut être transporté via des pipelines existants ou à construire ou encore par bateau.

Une première anglaise

La signature de l'accord représente "une étape cruciale pour permettre le transport de CO2 vers des sites de stockage au Royaume-Uni depuis d'autres pays. La relation forte entre le Royaume-Uni et la Belgique contribuera à développer un marché de la capture, de l'utilisation et du stockage du carbone et offrira des perspectives de croissance de part et d'autre de la Manche", a salué Alan Whitehead, soulignant l'importance de la collaboration avec la Belgique et le fait qu'il s'agit du premier accord de ce type signé par le Royaume-Uni avec un autre pays, dans le cadre du Protocole de Londres.

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Pour la Belgique, ce n'est pas le premier du genre. Notre pays a déjà signé des accords en matière de captage, transport et stockage de CO2 avec la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark, a rappelé Annelies Verlinden, qui appelle au passage à la mise en place d'un cadre européen pour faciliter la coopération avec le voisin britannique. En raison du Brexit, le Royaume-Uni ne fait en effet plus partie du système européen ETS d'échange de quotas d'émissions.

Chimie, sidérurgie, ciment...

Malgré un coût très élevé, la capture et le stockage de CO2 sont présentés comme des solutions cruciales pour verdir certains secteurs industriels particulièrement difficiles voire impossibles à décarboner totalement, comme l'industrie chimique, la sidérurgie ou l'industrie du ciment, dans le cadre de l'objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050. De nombreux industriels belges de ces secteurs étaient d'ailleurs présents mardi à l'ambassade du Royaume-Uni lors de la signature de l'accord belgo-britannique.

Du côté des ministres régionaux, la collaboration avec le Royaume-Uni en matière de CCUS est également vue d'un bon oeil. La Belgique, forte de ses infrastructures énergétiques et de ses ports, ambitionne en outre de devenir un hub européen pour le transport de CO2 en vue de son stockage géologique.

Le captage et le stockage du carbone sont "la pierre angulaire des efforts de décarbonation des secteurs difficiles à décarboner en Wallonie", estime la ministre wallonne de l'Energie et du Plan Air-Climat, Cécile Neven.

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