Nafy Thiam est 3e mondiale en lancer du poids : "Il n'y a pas de comparaison à faire entre elle et moi, Nafi est une très grande athlète"
Nafy Thiam a 18 ans et a déjà une carrière prometteuse en athlétisme. Elle a obtenu la 3e place mondiale au lancer du poids en 2026. Mais il ne faut pas la confondre avec Nafi Thiam, la plus grande athlète belge de l'histoire.
- Publié le 19-06-2026 à 11h22
- Mis à jour le 19-06-2026 à 11h24

À 18 ans, Nafy Thiam a déjà un beau palmarès à son actif. L'athlète wavrienne est 3e mondiale en lancer du poids et a battu le record de Belgique en plein air, avec 17,3 m. Depuis son départ pour les États-Unis, elle a déjà fait de grands progrès. Elle prendra part aux Mondiaux juniors en août 2026.
Si elle porte quasiment le même nom que la championne d'heptathlon, Nafi Thiam, elle n'a aucun lien de parenté avec elle, même si elle partage les mêmes origines sénégalaises.
Nafy Thiam est une des étoiles montantes du lancer du poids
Cette jeune lanceuse de poids (18 ans) originaire de Wavre, qui a rejoint l'Université d'État de Floride en 2025, est l'une des étoiles montantes du premier sport olympique dans notre pays et gagne à être connue, elle aussi.
À quelques semaines des Mondiaux U20 (5-9 août) à Eugene aux États-Unis, où elle sera candidate à un podium, la prometteuse athlète du RFCL, qui s'est déjà emparée du record de Belgique toutes catégories en plein air (17,30 m), nous en a dit plus sur elle lors d'un entretien réalisé à Louvain-la-Neuve.
Nafy, arrive-t-il encore que l'on vous confonde avec Nafissatou Thiam ?
Oui, ça arrive souvent sur les réseaux, vu qu'on a le même nom de famille et des prénoms très ressemblants. Le mien n'est cependant pas un diminutif et s'écrit avec un y, donc on ne devrait pas se tromper (sourire). Pour le reste, notre patronyme est assez commun de là où on vient, au Sénégal. J'imagine qu'on a aussi été associées du fait que j'ai commencé par les épreuves combinées. Et depuis quelques années, j'évolue également sous les couleurs du même club que Nafi en Belgique, étant passée du CS Dyle au RFC Liégeois.

Vous êtes-vous déjà rencontrées ?
Parfois, je la vois s'entraîner à Liège, on s'est déjà un peu parlé. Mais, vous savez, il n'y a pas de comparaison à faire entre elle et moi. Nafi est une très grande athlète, elle incarnait l'exemple à suivre quand je faisais de l'heptathlon. Et c'est vrai qu'être, entre guillemets, associée à elle, c'est un honneur. Mais c'est vraiment le hasard ! En tout cas, je ne dirais pas que c'est lourd à porter : cela me fait plutôt sourire.
Quand Nafi m'a mise en story, je me suis dit 'waouh!'
Vous vous êtes fait un nom, si l'on peut dire, en 2023 grâce à une victoire au Festival olympique de la jeunesse européenne (EYOF). Et Nafi vous avait félicitée…
Oui, dans une story Instagram ! Et bien sûr, cela m'a fait plaisir. Comme je l'ai dit, c'est quelqu'un que je respecte énormément. J'admire vraiment ce qu'elle fait. Et quand elle m'a mise en story, je me suis dit, 'waouh !'. Je ne m'y attendais pas du tout et je lui ai envoyé un message pour la remercier. Cette médaille d'or, c'était vraiment un beau moment.
Comment avez-vous découvert l'athlétisme ?
Au début, je combinais le tennis au Blocry, à Louvain-la-Neuve, avec un peu d'athlétisme au CS Dyle, près de la maison. J'ai longtemps hésité mais je me suis rendu compte que j'étais vraiment bonne en athlétisme et j'ai complètement arrêté le tennis. Mes ennuis au genou (NdlR : des douleurs liées à la maladie d'Osgood-Schlatter) m'ont ensuite conduite à me spécialiser dans les lancers : je ne pouvais plus courir ou faire des impulsions comme je le voulais. J'ai eu un très bon coach, Yvon Henin, qui m'a transmis l'amour du poids. C'est avec lui que tout a démarré, puis j'ai rejoint Francis Bertrand à Liège. Il me suit d'ailleurs toujours.

L'an dernier, vous avez rejoint FSU, une université américaine à Tallahassee, en Floride. Comment cette opportunité s'est-elle présentée ?
Franchement, je n'y avais jamais pensé mais après ma victoire aux EYOF, des coachs m'ont sondée, j'ai réfléchi à la question et je me suis dit que je n'avais rien à perdre. Le niveau là-bas est beaucoup plus élevé et je voulais prendre de l'expérience. J'ai visité l'université, où les Borlée et Anne Zagré ont évolué autrefois, et j'ai eu un très bon contact avec le coach, Luke Bryant. C'est comme ça que j'ai signé et j'ai opté pour des études en Santé publique.
Que vous a apporté cet entraîneur américain ?
Les premiers mois, il m'a beaucoup regardée, puis on a commencé à travailler certains points techniques de mon 'glide'. Euh, de la glisse, oui (rires). J'ai toujours lancé en translation mais j'avais besoin d'un bon accompagnement technique. Mes deux coaches communiquent bien et j'ai vraiment progressé. Aux États-Unis, le rythme est différent : on lance tous les jours, on fait de la musculation cinq fois par semaine, et cela m'a aidée à évoluer physiquement. Enfin mentalement je me sens très bien aussi désormais, c'est le domaine où j'ai le plus progressé.
J'ai senti que j'avais besoin de me faire accompagner mentalement.
À quoi est-ce dû ?
Je me suis fait accompagner et j'ai entrepris un important travail sur moi-même. En tant qu'athlète, on peut avoir la force physique mais, si le mental ne suit pas, ça peut être compliqué. Au début, j'étais un peu réticente mais j'ai vraiment senti que j'en avais besoin au niveau de la gestion du stress ou de l'image que j'avais de moi-même. Ces aides extérieures m'ont beaucoup apporté. Dans notre groupe en Floride, le coach se soucie énormément de notre état mental, il ne nous met pas la pression et on se sent fort soutenus.
Vos progrès se sont traduits par de belles performances en salle (16,62 m) puis en plein air avec un record de Belgique toutes catégories (17,30 m). Surprise ?
Ce n'était pas du tout dans mes objectifs, je ne savais même pas à combien il était. Je voulais juste lancer et arriver dans le top 10 de mon université. Mais à 18 ans, faire le record national all-time, c'est fou ! Et comme on dit, ce n'est que le début. Certes 17,30 m, c'est une belle marque mais je suis déjà capable de plus.

Vous pensez aux 18 mètres ?
Oui. Je l'ai déjà fait à l'entraînement, il faut juste que je le reproduise en compétition. La difficulté, c'est de tout assembler au bon moment. Le lancer du poids est beaucoup plus technique qu'on ne le croit. Il faut avoir cette explosivité au sol et énormément de coordination. Être capable de dissocier le haut et le bas de son corps. Tout doit être parfait au millimètre près, de la position du pied, à celles de la main, du genou, de l'épaule. C'est tout cela qui permet d'aller chercher loin.
On dirait qu'on lance juste une balle mais c'est bien plus complexe.
Qu'appréciez-vous dans cette discipline ?
La sensation procurée, quand le poids quitte la main et qu'on sent qu'il va aller loin, est assez satisfaisante. Cela signifie qu'on a réussi à aligner toute une série de points techniques. Comme ça, on dirait qu'on lance juste une balle mais c'est bien plus complexe que cela…
Fière de de ce que j'ai montré à l'université en tant que première année...
Votre absence en finale des championnats NCAA a-t-elle constitué une petite déception ?
Honnêtement, c'était atteignable mais il m'a manqué encore un bon jour pour intégrer le top 12 de la région Est. Ceci dit je suis quand même fière de moi, de ce que j'ai montré en tant que première année, et mon coach aussi. Et puis ma saison n'est pas finie. J'ai encore des compétitions en Belgique, les championnats LBFA le 12 juillet et le National les 25-26 juillet, avant les Mondiaux U20. J'ai hâte de revoir tout le monde, ça va être vraiment cool !
En juniors, vous êtes troisième mondiale en 2026. Cela ouvre des perspectives…
C'est vrai, je suis bien classée, mais j'essaie de ne pas trop faire attention aux performances des autres filles. Le plus important sera d'être prête mentalement, physiquement, et d'avoir une bonne technique. "It only takes one", comme le dit mon coach. Il suffit d'un très bon lancer, et je sais que je peux le faire. Mais un bon lancer vient avec la technique, c'est là-dessus que je dois rester concentrée. Mon ambition ? Faire un jour partie des meilleures lanceuses au monde.