Kevin Mac Allister prévient la concurrence sur son Argentine, rarement citée parmi les grandes favorites : "C'était la même chose au Mondial 2022"
Le défenseur argentin de l'Union Saint-Gilloise, sélectionné en novembre, raconte pourquoi il croit en sa sélection et en quoi, selon lui, l'âge ne sera pas un handicap pour reconduire le titre 2022.

- Publié le 16-06-2026 à 14h48

Juste après la fin d'une longue saison qui l'aura vu soulever la Coupe de Belgique avec l'Union et terminer à la deuxième place du championnat, Kevin Mac Allister s'est projeté pour nous sur le grand événement de l'été. Le défenseur argentin de 28 ans, qui avait été repris pour la première fois de sa carrière en "selección" en novembre, ne savait pas encore qu'il ne serait pas repris dans les 26 par Lionel Scaloni quand il nous a donné son sentiment sur un tournoi où son Argentine tentera de conserver son titre.
Kevin, comment sentez-vous votre Albiceleste ? Voyez-vous ce tournoi arriver avec confiance ou une pointe de crainte ?
Toujours avec confiance. En tant qu'Argentin, on arrive toujours à une Coupe du monde en croyant beaucoup en notre équipe. C'est un beau moment où tout le pays va dans le même sens. On aime vraiment beaucoup notre sélection. Bien sûr, il y a pas mal de concurrents en grande forme comme l'Espagne ou la France. Mais une Argentine ou un Brésil sont toujours parmi les favoris. Donc la confiance est là, mais sans excès. C'est quasiment le même groupe qui nous a amené le trophée il y a quatre ans. Peut-être la dernière fois que Messi jouera pour l'équipe nationale. Ce sera spécial pour tout le monde. Donc on va essayer d'en tirer du plaisir, parce qu'un Messi, on n'en reverra probablement pas un avant longtemps.
Trop vieille? Non, c'est le mix parfait d'expérience et de jeunesse pour un tel tournoi.
Certains voient l'Argentine comme un peu vieillissante. Ce n'est pas votre opinion, si ?
Non. Je sais que dans le foot actuel, quand vous atteignez 30 ans, tout le monde se dit que vous êtes un peu vieux. Mais cela représente aussi de l'expérience, et c'est très positif, surtout pour un tel tournoi. Parfois, ce n'est pas la meilleure équipe qui gagne, mais la plus intelligente, la plus claire sur la pelouse. C'est pour ça que l'expérience est positive. Et puis, une bonne partie de l'équipe n'est pas si vieille. Comme mon frère (NdlR : Alexis, Liverpool), qui a 27 ans. Enzo (NdlR : Fernandez, Chelsea) qui en a 25. Julian (NdlR : Alvarez, Atletico, 26 ans) est jeune, lui aussi. Donc si vous mélangez cela avec l'expérience de joueurs comme De Paul (32), Otamendi (38) et Messi (38), vous obtenez quelque chose de vraiment bien.
Quelle est la principale qualité de cette équipe ?
Pour moi, le plus important, c'est l'alchimie dans le groupe. Vous pouvez avoir les meilleurs joueurs du monde, mais si la connexion n'est pas là, ce sera compliqué de réaliser quelque chose. C'était un privilège d'avoir pu assister à cela de l'intérieur. Pas besoin d'avoir le meilleur attaquant, gardien, défenseur ou ailier. Si vous avez un état d'esprit clair et un objectif clair pour tout le monde, vous réussirez quelque chose.
Les sociétés spécialisées en pronostics ne vous placent pas parmi les favoris. Plutôt en outsider. Cela vous surprend-il ?
Les joueurs s'en fichent un peu, en réalité. Le plus important est ce qu'ils pensent être capables de faire. Si vous êtes forts dans le groupe, vous vous souciez peu de l'extérieur. À la fin, c'est sur la pelouse qu'on verra qui est prêt ou pas. Et je pense que cette équipe y croira jusqu'à la dernière minute.
Vous aviez déjà été un peu sous-estimé avant le Mondial 2022…
Oui, la situation 2022 était similaire, pourtant on venait de gagner la Copa America. Le pays arrivait à ce tournoi en était très confiant, mais pas trop non plus. Bien sûr, le premier match contre l'Arabie saoudite (NdlR : perdu) avait été dur à digérer, mais il avait aidé à réaliser à quel point ce serait difficile. Si vous voulez remporter la Coupe du monde, vous avez besoin de votre meilleure forme.
Quel souvenir gardez-vous de votre première dans cette sélection en novembre ?
C'était incroyable de pouvoir s'entraîner avec ces joueurs qui m'ont offert mon meilleur souvenir d'amoureux de foot. J'étais dans le stade quand ils ont gagné cette Coupe du monde et pour moi, c'était très, très spécial. Quel moment.
Vous aviez pu avoir des tickets via votre frère, qui jouait ?
Oui. Il y a eu beaucoup d'histoire d'Argentins qui revendaient leur voiture, leur maison ou un bras pour pouvoir assister à cette finale. Comme Argentin, c'était très particulier d'être présent, tant le désir de la gagner était grand. Il n'y avait que joie et excitation dans les rues du pays après ce match. Je garderai pour toute ma vie des souvenirs non seulement du stade, mais aussi des gens dans les villes qui chantaient et célébraient ensemble.

Y a-t-il des jeunes joueurs argentins que l'on devrait tenir à l'œil, selon vous ?
Il y a beaucoup de jeunes talents dans le championnat argentin. Par exemple, à Boca Juniors, il y a Tomas Aranda (Ndlr : médian de 19 ans, déjà sélectionné une fois, mais pas pour ce Mondial) qui est déjà très bon. Mais dans chaque équipe il y a des talents. Dans mon ancien club d'Argentinos Jr aussi. J'espère qu'ils viendront bientôt en Europe.
À l'Union ?
J'ai mis la pression à la direction tous les jours pour qu'ils signent un Argentin, mais je ne suis pas sûr que ça va arriver (il rigole).
J'ai compris en arrivant en Belgique que je représentais tous les joueurs argentins.
Il n'y a plus tant que ça d'Argentins dans notre championnat. Peut-être avez-vous rouvert une voie ?
Je l'espère. J'ai compris en arrivant en Belgique que je ne représentais pas juste moi-même, mais aussi mon pays et les joueurs argentins. Si les clubs belges cherchent là-bas, ils trouveront beaucoup de talents. D'autres Biglia, Frutos ou Suarez. Ou Avila, qui était à l'Antwerp. J'espère avoir rouvert la porte.
D'un point de vue personnel, comment vivrez-vous le fait d'être ou ne pas être dans la sélection finale (NdlR : présélectionné, il n'a finalement pas été repris dans les 26) ?
Depuis que j'ai été repris, je rêve toutes les nuits de revenir. Cela avait été dur de ne plus être appelé en mars ; j'avais vraiment envie d'en être. D'un autre côté, je sais que j'évolue pour un pays où à peu près 50 % des gens veulent devenir footballeur pro, donc ce n'est pas évident. On verra bien. Si je suis repris, ce sera une énorme expérience pour moi. Sinon, je soutiendrai cette sélection comme toujours ; d'autant que mon frère y joue. Si ça ne se passe pas pour cette Coupe du monde pour moi, peut-être sera-ce dans le futur…