Origi, et c'est pas fini
L'attaquant a qualifié la Belgique pour les 1/8 de finale et semble en phase ascendante. Tout lui sourit, et ses entraîneurs s'en félicitent.
- Publié le 24-06-2014 à 03h07

Il était l'"inconnu" et le petit jeune de la bande quand il a débarqué à Genk, pour la préparation de la Coupe du monde, le 19 mai. Il est toujours le petit jeune, avec ses 19 printemps, et avait même battu un record de précocité contre l'Algérie, en devenant le plus jeune Diable rouge à disputer un match pour la Belgique en Coupe du monde.
Dimanche, contre la Russie, Divock Origi s'est rapproché d'autres sommets, internationaux, en intégrant le top 10 des plus jeunes buteurs en Coupe du monde. Le plus jeune? Pelé. Le dernier en date? Messi. Du beau monde, mais pas de quoi faire perdre la tête au fils de Mike Origi, ancien attaquant de Genk mais avant tout papa heureux.
Quand il a quitté le Maracana, Divock a bien sûr eu une pensée pour sa famille, ses amis, puis il a revu, "au moins cinq fois", son but qui a délivré, et qualifié, la Belgique, pour les huitièmes de finale. En raison de l'adrénaline, il n'a pas trouvé le sommeil tout de suite et en a profité pour refaire le match, et son but, avec ses amis. Hier, il expliquait: " J'ai profité du super travail d'Eden (Hazard). Après, j'ai vu le placement du gardien, pour bien placer mon envoi."
Installé en tribunes derrière le banc belge, René Girard, son entraîneur à Lille, n'a pas manqué un instant de la réalisation de son joueur, qu'il encourage à être plus égoïste encore devant le but. "Il doit encore faire la transition pour passer du jeune joueur qui joue pour le jeu au joueur mature, qui doit être efficace. " Ce but peut-il l'aider à être plus égoïste? "Ce sont des choses que je dois apprendre, admet Origi. Les grands attaquants savent quand ils doivent frapper au but ou passer. Je dois plus penser à moi, c'est sûr."
En Belgique, Gert Verheyen, qui a eu Origi sous ses ordres avec la sélection des moins de 19 ans, n'est pas surpris par l'évolution du Diablotin devenu Diable. "Mais pouvoir faire ce qu'il a fait sur la plus grande scène mondiale, c'est encore plus incroyable, se réjouit l'ancien Diable, qui lui a envoyé un sms de félicitations après le match. Et il a pris le temps de me répondre, la preuve que c'est un bon garçon. "
Un bon garçon, bien éduqué, qui a rapidement appris le français quand il a débarqué à Lille, en provenance de Genk, à l'âge de 15 ans. Les échos reçus au sujet du Diable du moment sont rarement, voire pas du tout, négatifs. C'est aussi ce "côté humain" qui a primé dans la décision de Marc Wilmots de l'emmener au Brésil. " Je le savais capable de bien s'intégrer", expliquait le sélectionneur, hier, qui a pris le temps, à la fin de l'entraînement du jour, de parler avec lui. "Il m'a dit de continuer comme ça, mais pour le reste je ne peux pas tout vous dire", souriait le Lillois.
René Girard n'attend pas autre chose de son joueur qu'une progression linéaire, mais il admet avoir été quelque peu surpris par ses débuts en Coupe du monde. "À Lille, c'est encore un bébé, puis il rentre dans une équipe (nationale) jeune, cela a pu l'avantager. Même s'il est réfléchi et intelligent, il bénéficie de l'insouciance de sa jeunesse. Il vit une belle aventure, et je ne me fais pas de souci pour lui, au niveau de sa gestion des événements. "
Plus souvent ailier qu'attaquant de pointe à Lille, Origi est-il appelé à s'épanouir dans une position de numéro 9? "C'est sans doute la place qui lui convient le mieux, estime Girard. Mais Divock présente l'avantage d'être un joueur de rupture, adroit techniquement, qui peut encore progresser dans son jeu aérien. Il a tout pour peser sur une défense, mais il doit encore grandir." Eden Hazard ne pense pas autre chose: " Je suis supporter de Lille, et j'ai vu quelques matches de Divock. On ne le connaissait peut-être pas bien en Belgique, mais Rio Mavuba m'en avait dit le plus grand bien, et on a vu à l'entraînement le joueur puissant et rapide qu'il est. " Mais l'ancien Lillois ponctue: "Il faut lui laisser du temps. "
Une chose semble sûre, en tout cas: le temps passe vite pour Origi, qui assure rester calme face à la tempête médiatique et populaire. "Mais surtout, précise Verheyen, il n'a pas cherché à changer son style de jeu, il est resté lui-même. Un jeune joueur a parfois tendance à exagérer. Pas lui. " Et la Belgique en profite.

