Thierry Courtois: "Tant mieux si Thibaut marque l'histoire"
Thierry Courtois, père d'un Thibaut qui dispute demain la finale de la C1, évoque son rôle de père et analyse la progression de son fils.
- Publié le 23-05-2014 à 07h36

Thierry Courtois est à l'image de son fils champion d'Espagne et, peut-être, vainqueur de la Ligue des champions, demain, avec l'Atletico Madrid, à 22 ans à peine. Habitué à vivre avec un phénomène qui remporte des titres depuis ses débuts, à Genk, celui qui est responsable sportif au club de volley de Maaseik analyse avec fierté le parcours exceptionnel du gardien des Diables.
Thierry Courtois, êtes-vous encore surpris par les progrès de Thibaut?
Non, parce que c'est logique qu'à 22 ans il continue à progresser. Et oui, parce que sa constance m'épate. Il gère de mieux en mieux toutes les situations qui s'offrent à lui. Puis son équipe a pris une nouvelle dimension. L'Atletico a retrouvé sa beauté d'avant. Le vestiaire forme un groupe d'amis et c'est la base de tout ce qui arrive. Puis c'est un club familial, un peu comme Genk.
Qu'avez-vous ressenti le week-end passé, à Barcelone, quand il a été champion d'Espagne?
Nous y étions avec sa compagne et ma femme. C'était l'apothéose de la saison, inoubliable. Une des plus grosses émotions vécues depuis le début de sa carrière. On avait une place au bord du terrain, donc il a pu venir nous serrer directement après. Ce titre sera probablement sur le podium de mes souvenirs. Surtout que ça a lieu au Barça et que, vu qu'il est prêté, on ne sait pas si ce n'est pas un de ses derniers matches avec l'Atletico.
Comme père, ce genre de rendez-vous, c'est du stress ou du plaisir?
Je gère mieux la situation que dans le passé. Maintenant, je suis plus zen… enfin, j'ai juste une nervosité saine. On avait été le trouver à l'hôtel avant le match et on voyait que ça se passait bien. On ne veut pas lui faire ressentir qu'on est nerveux. J'essaie de prendre du recul, tant dans les succès que dans les défaites. La semaine avant, il était sorti trop loin de son but (NDLR: et avait encaissé un but évitable contre Malaga). On se dit "Qu'est-ce que tu as fait là, mon grand?" Mais quand on le voit, on essaie de ne pas être négatif. Enfin, les fautes qu'il a commises en quatre ans se comptent sur les doigts d'une main.
C'était important pour vous d'être présents, samedi passé?
Oui, on ne pouvait pas ne pas y être. On avait prévu de rentrer ensuite à Madrid, que ce soit pour fêter le titre ou pour le soutenir si ça s'était mal passé. C'est important de l'encadrer dans tous les moments. Thibaut aime rester à notre contact, que ça soit pour le côté pratique, mais aussi pour parler, se détendre, évoquer des problèmes physiques avec sa mère (NDLR: qui est kiné). Depuis Bilzen (Limbourg), on est à Madrid en cinq heures, avec l'avion.
Il avait déjà remporté un titre lors du tout dernier match de la saison, en Belgique, avec Genk. Vous y aviez songé comme à un signe?
Oui, cela nous renforce dans l'idée que Thibaut sait se surpasser dans les grandes occasions. Il n'a que 22 ans, mais déjà pas mal de finales à son palmarès. En plus, c'est son troisième titre qui arrive un 17 mai. C'est un clin d'œil. Jamais deux sans trois. On en avait parlé avant. On lui avait dit: "Rien ne t'arrivera ce jour-là".
La tranquillité qu'il dégage reste impressionnante.
Je l'ai toujours connu comme ça. Il me disait: "Papa, ne te tracasse pas, ça ira." Et pour l'instant, il a toujours eu raison. Idem pour son frère et sa sœur (NDLR: joueuse en équipe nationale de volley). Les seules fois où il s'énerve, ce n'est pas pour un match de foot, mais plutôt quand on joue au billard ou au ping-pong. On a toujours été une famille très compétitive. On n'a jamais laissé gagner les enfants. On les a accompagnés partout, mais on ne voulait pas que les choses se fassent à moitié. S'ils en avaient marre, on leur demandait juste de terminer la saison et puis, s'ils ne voulaient plus continuer, pas de problème. On ne mettait pas de pression par rapport aux résultats, mais on a essayé de leur donner toutes les armes pour qu'ils réussissent, sans les mettre sur un piédestal.
Voilà déjà le cinquième titre de Thibaut depuis 2011.
On en rigolait en début de saison, en lui demandant: "Quel titre vas-tu nous offrir cette année?" Surtout, il réalise cela avec des équipes qui ne sont pas favorites.
Samedi, il pourrait avoir déjà remporté tout ce qui peut l'être en club. Il ne risque pas d'être rassasié trop vite?
Non, Federer et Nadal n'en ont pas marre malgré tous leurs titres. Il peut encore gagner des titres en Angleterre, en Allemagne, et, surtout, confirmer. Après, ça devient peut-être prétentieux, mais s'il peut marquer l'histoire, tant mieux. Même si lui n'est pas à la recherche de cela et ne dira d'ailleurs jamais qu'il sera le meilleur. Il sait qu'il lui reste du travail. Il peut encore améliorer sa technique, mieux jouer des deux pieds, travailler sa vision, etc. On veut un club avec un entraîneur des gardiens conscient de cela.
"Cela peut être un match référence"
À 22 ans à peine, Thibaut Courtois pourrait déjà ajouter la Ligue des Champions à un palmarès déjà très fourni, demain. Le papa croise les doigts : "
."

