Thiam, la qualité plutôt que la quantité
La meilleure heptathlète du monde s'est liée à Alpro. Elle compte désormais quatre sponsors.Et ça suffit largement à faire son bonheur.
- Publié le 21-12-2017 à 06h00

Choisir l'heptathlon, c'est accepter un certain manque de visibilité. C'est renoncer à la lumière qui illumine plus souvent les athlètes spécialisés dans une seule discipline. La qualité plutôt que la quantité, a-t-on en envie de dire en parlant de Nafi Thiam. "Les épreuves multiples sont tellement éprouvantes que nous n'en faisons que trois ou quatre par an, explique-t-elle. Il y a donc moins d'exposition mais ça me va très bien." La qualité plutôt que la quantité, c'est aussi ce qui guide les choix de la Namuroise en matière de sponsoring. Malgré le petit de nombre de compétitions auxquelles elle prend part, elle croule désormais sous les propositions.
"Avant les JO 2016, c'est nous qui devions aller frapper à la porte de partenaires potentiels. Aujourd'hui, c'est l'inverse", se félicite sa manager Kim Vanderlinden. La championne olympique et mondiale a l'embarras du choix. "Des gens veulent lier leur destinée à la mienne pour mon image mais je ne donne suite que si leurs valeurs sont proches des miennes, dit Thiam. Je veux m'investir dans un projet. C'est pourquoi je privilégie des partenariats à long terme. Peut-être que je pourrais gagner beaucoup plus d'argent durant un an avec une grosse firme mais cela n'entre pas dans ma logique parce que, en un laps de temps aussi court, il est très compliqué de bâtir quelque chose de solide."
"Il faut d'abord faire ses preuves sur la piste"
Déjà liée à Nike, Red Bull et Audi, la meilleure heptathlète actuelle de la planète est désormais accompagnée, au moins jusqu'aux JO 2020, par Alpro, l'un des poids lourds de l'alimentation végétale. "J'ai rencontré Steve Gelders (NDLR: le directeur de la marque belge) en septembre et nous sommes tombés d'accord tout de suite. L'alimentation est un élément fondamental pour chaque être humain."
On l'a compris: Nafissatou n'est pas du genre à faire la publicité d'un fast-food comme Tia Hellebaut et Kim Clijsters, jadis. "Je ne lancerai jamais la pierre à celui qui le fait. Chacun a sa vision des choses. Et puis, dans certains sports, il n'est vraiment pas facile de trouver des sponsors. En Belgique, la culture sportive est beaucoup moins développée que dans des pays voisins. Un athlète doit d'abord avoir fait ses preuves sur la piste avant de pouvoir revendiquer quoi que ce soit auprès des sponsors."
Aujourd'hui, Thiam s'appuie donc sur quatre partenaires (voir ci-dessus) et elle a créé sa collection de bijoux avec la marque Diamanti Per Tutti. Lorsque l'on sait que d'autres, comme les Borlée, ont compté une dizaine de partenaires, on devine que la championne de 23 ans a encore de la marge. "C'est sûr qu'il y a encore de la place pour d'autres partenaires, assure sa manager. À condition que cela n'empiète pas sur ses études, ses entraînements et ses compétitions. Nafi doit se libérer à certains moments. Combien de jours par an? Je ne sais pas. Mais si l'on ajoute qu'elle est ambassadrice de l'UNICEF, cela fait beaucoup."
Pour éviter que le quotidien de la championne soit perturbé, ses deux managers font le ménage parmi toutes les sollicitations qui leur parviennent. "Nous ne faisons remonter jusqu'à Nafi que 10 à 20% de toutes les demandes que nous recevons. Ces dernières semaines, nous en avons eu 5 à 10 par jour. Bon, cela inclut les séances photos, les interviews, les remises de prix, diverses invitations…"
Pour Nafi, il est l'heure de retourner préparer ses examens du mois de janvier. Loin des spotlights.
