Les Borlée en recherche de sensations
Après Kim Gevaert et Tia Hellebaut, ce sont les frères Borlée qui portent nos espoirs. "Ce sera une grosse bataille pour arriver en finale".
- Publié le 10-08-2013 à 06h00

C'est dimanche matin que Kevin et Jonathan Borlée entameront leur compétition sur 400m. Même si la qualification pour les demi-finales ne devrait pas leur poser problème, ce sera l'occasion pour eux de sentir où ils en sont exactement au jour J. Car ils n'ont pas souvent abordé une grande compétition avec aussi peu de points de référence. Ils ont eu du mal à s'y remettre après l'année olympique, ils ont peut-être même forcé, et disent aujourd'hui que le long stage d'altitude passé en Afrique du sud était superflu et qu'on ne les y reprendra plus.
Bref, ils ont tâtonné entre travail intensif et sorties en meeting souvent frustrantes. Kevin n'a en réalité réussi qu'un chrono probant, l'avant-dernier (44''73) aux championnats de Belgique. Quant à Jonathan, recordman de Belgique avec 44''43, il n'est pas encore descendu sous les 45'' cette année, mais lui aussi a réalisé son meilleur 400 m récemment, le dernier à Londres en 45''14.
Cela sera-t-il suffisant pour aller une nouvelle fois à deux en finale? On connaît désormais le refrain : Kirani James et LaShawn Merritt (qui n'était pas aux Jeux, blessé) sont au-dessus du lot, derrière c'est ouvert, "mais ce sera une grosse bagarre pour arriver en finale" comme dit Kevin.
"Le pire hôtel que l'on ait connu !"
Ils disent d'ailleurs tous les deux la même chose : "A l'entraînement, on sent qu'on a les chronos dans les jambes, mais ce n'est jamais la même chose qu'en course, on manque de sensations, faut faire avec. On fait confiance à notre père pour nous amener fort aux grands championnats, la forme est là, si tactiquement on court bien les guiboles devraient suivre. A Valbonne, on a travaillé la vitesse et la résistance courte, on est confiant et serein." Ils le seraient plus encore s'il n'y avait eu ce fichu hôtel Cosmos, dont le hall ressemble à la Gare du Midi en pleine heure de pointe. "J'ose dire que c'est irrespectueux de la part de la fédération internationale d'avoir accepté un tel hébergement pour une quantité pareille d'athlètes. C'est le pire que j'ai connu dans un grand championnat, insiste Jonathan. En même temps, on ne joue pas les riches, s'il se trouvait situé à dix minutes du stade, on pourrait y rester. Mais de 40 à 100 minutes aller, et même chose retour, en fonction du trafic, c'est très mauvais pour les muscles, sans parler du stress. C'est un handicap injuste pour tous ceux qui y logent, et qui ne sont ni les plus riches, ni les plus influents, vous le devinez. "
"Tous les pays africains sont là, les Bahamas, l'Espagne, le Portugal, le Brésil, la Pologne, il y a des top athlètes comme les Kenyans ou les Éthiopiens, mais pas les Américains, les Français, les Anglais, les Italiens, ni… les Russes, pas si bêtes, complète Kevin. La Grenade est au Cosmos… mais pas sa star Kirani James que nous allons affronter. Traitement de faveur. J'ai croisé un manager qui m'a demandé où on était et qui à l'énoncé du nom de l'hôtel a carrément lâché : ''c'est pour attraper des maladies''"
Faut peut-être pas exagérer non plus. Mais quand on voit ça, et que l'on sait qu'en 2018 il y aura la Coupe du Monde de foot, ça promet! En attendant, les Borlée changeront d'hôtel aujourd'hui, comme l'a fait avant eux Van der Plaetsen auquel Thiam succèdera, avant les relayeurs du 4x400 la veille de leur épreuve. Pas bon marché tout ça, mais à la guerre comme à la guerre…
