Champion : une piscine scolaire à filtration bio-minérale, une première
Une demande de permis unique prévoyant la rénovation du bassin de l'institut et de son système de traitement des eaux vient d'être introduite auprès de l'administration.

- Publié le 06-11-2020 à 06h00

En province de Namur, les piscines accessibles sont devenues une denrée rare. Cette problématique touche directement de nombreuses écoles qui, au mieux, peinent à maintenir l'apprentissage de la nage à leurs élèves, au pire n'ont pas d'autres choix que d'y renoncer.
Par chance, l'institut de la Providence, à Champion, dispose en son sein de sa propre piscine. Une infrastructure régulièrement utilisée – jusqu'au Covid du moins – par les élèves du primaire, de 1er et 2e secondaires ou encore des étudiants en éducation physique.
Mais bien que toujours fonctionnelle grâce à des travaux réguliers (NDLR: ces dernières années, le toit et la ventilation ont été changés), cette dernière, créée dans les années 70, n'a pas échappé aux affres du temps.
Mise en conformité
Aujourd'hui, des travaux plus conséquents sont envisagés, notamment pour des besoins de mise en conformité. L'objectif? Garantir un environnement sain et sécurisé aux usagers des lieux. Ainsi, une demande de permis unique est récemment arrivée sur les bureaux de l'administration namuroise.
"Cela fait plusieurs années que nous avons ce projet en tête, commence Olaf Mertens, directeur de l'institut de la Providence. Il est vrai que la question s'est parfois posée de maintenir cet outil en raison du coût qu'il représente, mais eu égard aux possibilités offertes dans le Namurois, cela a tout son sens."
Autre point qui a convaincu l'établissement d'investir plus d'un million d'euros: une importante subvention dans le cadre du programme prioritaire de travaux de la Communauté française. "Ce subside représente 60% du coût de travaux", précise le directeur.
Rénovation en profondeur
Outre la remise aux normes de l'infrastructure, les travaux prévoient: l'installation d'une cuve en inox dans l'entièreté du bassin, l'aménagement des accès PMR, la création d'une infirmerie, la réfection des vestiaires, la création de douches avant l'entrée du bassin ou encore la mise en place d'un nouveau système de chauffage. Surtout, on retiendra le choix d'un système de filtration bio-minérale. "Une première dans une piscine scolaire", se félicite Olaf Mertens.
Comme l'annonce dans une brochure explicative la société Aquaticscience, qui propose ce genre de dispositif, une filtration bio-minérale permet de s'affranchir de tout produit chimique pour assainir l'eau.
Ceux-ci sont judicieusement remplacés, par l'injection de minéraux (NDLR: calcium et magnésium) et la présence d'un filtre contenant des bactéries. Ces dernières se chargeront de digérer les matières organiques présentes dans l'eau. Le premier gagnant d'un tel système bien sûr l'environnement, mais pas uniquement.
Pour les usagers, les bénéfices sont également nombreux. Fini l'odeur de chlore, les yeux rouges, et les irritations de la peau.
En ce qui concerne l'établissement, la filtration bio-minérale de l'eau permettrait un gain financier depuis la conception jusque dans la gestion quotidienne du bassin.
En effet, ce système, contrairement à nombre d'autres sur le marché, ne rejette aucune vapeur toxique, souligne la société.
En l'absence de cette atmosphère agressive, des matériaux tout à fait standards, et par conséquent moins coûteux, peuvent donc être utilisés.
De même, les consommations énergétiques engendrées par le traitement de l'air sont moindres.
Si tout se passe comme espéré, les travaux pourraient débuter dans le courant du premier semestre 2021. La piscine serait alors opérationnelle dès septembre 2022.
