Namur : l'Intime Festival a bien plus d'une plume à son chapeau
Du 27 au 31 août, l'Intime Festival vivra son 13e chapitre. L'événement d'abord littéraire est toujours plus ouvert à toutes les formes d'expression artistique.
- Publié le 13-08-2025 à 10h34
- Mis à jour le 13-08-2025 à 17h00

La belle histoire de l'Intime Festival continue de s'écrire à la fin de ce mois, au détour d'un 13e chapitre. Sans aucune superstition. "J'aime bien les chats noirs", plaisante Chloé Colpé, directrice de l'événement qu'elle a cofondé avec Benoît Poelvoorde en 2013.
Mise en jambes
Si la littérature et les mots servent toujours de fil conducteur à la riche programmation, d'autres formes d'expression artistique servent le message.
Ce désir d'ouverture habite l'Intime depuis la première édition, assure notre interlocutrice. "Au début, l'attention était focalisée sur les grandes lectures mais il y a toujours eu du cinéma, un peu de théâtre, de la musique et de la photo. On s'est toujours positionné comme un événement multidisciplinaire."
L'an dernier, le festival s'est ainsi ouvert à la danse avec un certain succès. "On confirme cette année, embraye Chloé Colpé. Nous ouvrirons le festival mercredi soir avec un grand spectacle d'Anne Theresa De Keersmaeker intitulé Brelet qui avait été présenté à Avignon. C'est un grand pas pour nous que de s'ouvrir aux grandes productions." Les deux représentations, données dans la grande salle du Théâtre, sont déjà complètes.
La bonne photographe
Au rayon photographique, le diaporama des débuts a fait place à une ambitieuse exposition mettant en lumière le travail de Vivian Maier. Aujourd'hui considérée comme l'une des figures emblématiques de la photographie du XXe siècle, l'Américaine née en 1926 a eu un parcours pour le moins atypique. Pour cette gouvernante de bonne famille, la photo était une passion qu'elle assouvissait en immortalisant les scènes de rue. Anonyme, elle n'a été révélée que peu de temps avant son décès en 2009, après que l'écrivain John Maloof a fortuitement fait l'acquisition d'un lot de ses clichés. Ces instants du quotidien, magistralement saisis, ont été rassemblés dans l'expo Saisir la vie partout. Elle s'installe au Delta dans le cadre de l'Intime Festival et y restera jusqu'au 30 novembre. À voir absolument !
Pour ceux qui veulent approfondir, l'exposition est accompagnée de la projection du film À la recherche de Vivian Maier, le samedi 30 à 10 h, toujours au Delta. Le soir, au Théâtre, l'actrice Clothilde Hesme lira des extraits du Manuel à l'usage des femmes de ménage de Lucia Berlin, couplés avec des projections de photos et de vidéos inédites de Vivian Maier.
Grandes lectures, grands moments
Les grandes lectures, qui ont fait la renommée de l'Intime Festival, constituent une nouvelle fois le gros morceau de la programmation. Il y en aura 6 en tout avec notamment la présence de Charles Berling (29/8), en vedette. L'acteur du Prénom et de Ridicule prêtera sa voix à Mes Amis d'Hisham Matar, récit qui conte l'exil d'un jeune Libyen opposé au régime de Kadhafi dans le Londres des années 80. "C'est un tropisme sur les questions du monde, sur l'actualité", commente Chloé Colpé.
Dans un autre registre, Nicolas Maury, membre du casting cinq étoiles de la série à succès Dix pour cent, se mettra dans la peau d'une femme avec Amours manquées, un texte sur la maternité que l'on doit à Susie Boyt, arrière-petite fille de Sigmund Freud (le 31/8). "On part toujours du texte et on choisit ensuite le comédien qui pourrait l'incarner. On a tout de suite pensé à Nicolas Maury parce que c'est un immense lecteur, dit la directrice du festival. C'est un exercice très particulier mais lorsque les comédiens viennent du théâtre, on sait d'office qu'ils aiment lire."
Parfois, c'est à l'auteur d'un texte qu'il est demandé d'y ajouter une autre dimension. Adèle Yon revisitera son best-seller Mon vrai nom est Élisabeth, un road-trip autour de la psychiatrie (le 30/8). "Ce sera une lecture performée, indique Chloé Colpé. Les auteurs aiment venir confronter leur œuvre avec des photos, de la musique."
Toujours plus ancré dans Namur
Et si l'Intime Festival, au vu de son succès, venait à essaimer au-delà des frontières namuroises ? "Je ne suis jamais fermée à d'éventuels projets mais ils doivent être pensés à partir d'un lieu. Et l'Intime festival est étroitement lié à Namur, au théâtre, à la géographie de la ville", explique Chloé Colpé, directrice.
Au Théâtre, centre névralgique et historique de l'Intime, et au Delta, son partenaire privilégié, est venu se greffer, cette année, un troisième lieu incontournable: la Bourse. Elle offre la possibilité à plus de spectateurs d'assister à des rencontres et des échanges, jadis trop rapidement sold-out. Si la jauge est plus confortable, elle n'enlève rien à l'intimité de ces rendez-vous. "On est dans un triangle où on peut faire tout à pied en cinq minutes", précise notre interlocutrice. À peine plus si l'on assiste aux projections qui ont lieu au Caméo.
Enfin, cet ancrage profondément namurois, le festival le doit aussi à son public. "L'an dernier, on a connu une explosion du nombre de spectateurs. Je me suis plus attentivement penchée sur les chiffres et j'ai constaté que la grande majorité était issue de Namur et de ses environs", confie Chloé Colpé. En 2024, ils étaient 5 000 à prendre part à l'événement. 5 000 ? Encore une solide marque d'attachement entre l'Intime Festival et sa ville.
Le programme complet sur intime-festival.be
