Coup de marteau au visage et séquestration dans la cité Germinal : ils voulaient mettre la main sur les allocations de CPAS d'autres héroïnomanes
Les prévenus avaient appâté leurs victimes en faisant passer du Nesquik pour de l'héroïne. Certaines ont pris la fuite en passant d'un balcon à l'autre, au sixième étage !
- Publié le 26-06-2025 à 17h02

Des faits d'une violence rare ont été abordés ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Namur, où il a été question de séquestration et de traitement dégradant, le tout sur fond de trafic de drogue.
La scène a eu lieu le 27 décembre 2024 au 6e étage d'un appartement de la cité Germinal. Ils impliquent des consommateurs d'héroïne évoluant tous dans un milieu précaire. Quatre prévenus occupant les lieux ont attiré les 5 victimes dans un guet-apens en leur promettant de l'héroïne qui était en fait… du Nesquik.
L'objectif avoué était de leur subtiliser leurs allocations de CPAS en vue d'acheter de l'héroïne. Le premier à pénétrer dans l'appartement a reçu un coup de marteau en plein visage puis des coups de selle de vélo, afin d'impressionner les autres, qui ont été détenus arbitrairement et à qui de l'argent et de la drogue ont été dérobés. Le meneur de la bande a ensuite été chercher du ruban adhésif et des colsons afin d'immobiliser complètement la victime du coup de marteau, qui a perdu connaissance. Une des victimes est finalement parvenue à quitter l'appartement par la porte, alors que 2 autres en sont sorties en passant par le balcon pour se réfugier chez les voisins.
Les 4 prévenus doivent répondre de préventions de vol, de tentative d'extorsion, de détention arbitraire, de traitement dégradant, de menaces et de vente de stupéfiant. Le meneur de la bande, considéré comme instable, violent et agressif, tyrannique et effrayant, est en aveux des préventions, à l'exception de celle de vente de drogue. Le second, toxicomane depuis 15 ans, nie pour sa part toute implication dans les faits de séquestration et de tentative d'extorsion. La locataire des lieux recevait pour sa part 10 euros de drogue chaque jour de la part du meneur de la bande, qui s'est petit à petit "incrusté" chez elle pour mener un trafic de drogue depuis son appartement. Le dernier était absent à l'audience.
À l'encontre du principal prévenu, le parquet requiert 6 ans de prison pour les faits de séquestration et 4 ans et 1 000 euros d'amende pour ceux liés au trafic de drogue. 4 ans de prison pour la séquestration et 3 ans et 1 000 euros d'amende sont réclamés pour le second. 5 ans de prison sont demandés pour le prévenu absent à l'audience, qui a déjà été condamné à 10 reprises. Enfin, 3 ans de prison et 1 000 euros d'amende sont requis pour celle qui mettait à disposition l'appartement dans lequel se déroulait le trafic de drogue.
Me Somers plaide une peine assortie d'un sursis probatoire pour son client, contre qui un total de 10 années de prison est demandé. Me Delchambre plaide l'acquittement concernant les faits de séquestration reprochés à son client, estime que rien ne prouve que celui-ci les désirait ou y a participé. Une peine assortie d'un sursis probatoire est plaidée concernant le trafic de stupéfiants auxquels il a pris part. Enfin, la suspension probatoire du prononcé de la condamnation est sollicitée pour la locataire de l'appartement impliquée dans le trafic de drogue.
Jugement le 17 juillet.
