Julien Watrin : "Le pic de ma carrière aux Jeux olympiques de 2020"
Après quasiment une année sur la touche, Julien Watrin est de retour. Avec François Gourmet, son nouvel entraîneur, il est tourné vers 2020.

- Publié le 04-05-2018 à 06h00

Julien Watrin, peut-on tout d'abord savoir où vous en êtes avec votre blessure? Celle-ci est-elle complètement guérie?
Oui, mais comme j'ai été blessé plusieurs mois, il faut énormément de temps pour que cela se résorbe au niveau des tissus. C'est comme si on frappait sur votre doigt avec un marteau. Même si c'est réparé, deux ans après, vous avez toujours des sensibilités. Mais depuis la mi-février, je m'entraîne à nouveau à fond.
Vous n'aviez pas recouru depuis?
Un petit peu depuis décembre. Avec ma nouvelle structure, nous avons mis en place un processus de revalidation à partir de septembre. J'ai dû changer beaucoup de choses au niveau de ma technique de course parce qu'elle était responsables de ce problème. J'ai en quelque sorte dû réapprendre à marcher. Entre décembre et février, j'étais limité au niveau du volume des entraînements. Je ne pouvais pas mettre trop d'impact sur mon pied. Celui-ci ne le supportait plus.
Vous revenez d'un stage en Turquie, comment celui-ci s'est-il passé?
Grâce au boulot effectué en amont, j'ai pu passer trois semaines super qualitatives, avec énormément de contenu. Il faut de temps en temps me freiner, mais c'est pour la bonne cause (rires). Je collabore désormais avec un staff de kinés en qui j'ai totalement confiance. Ils me connaissent bien. Ils ont travaillé sur mon pied tout l'hiver et dès qu'il y a un petit souci, ils me disent quoi faire. Avec cette sensibilité au talon, j'ai désormais peu droit à l'erreur.
Comment avez-vous vécu l'idée de repartir de zéro, de tout devoir réapprendre?
Je suis quelqu'un de perfectionniste, donc j'aime bien que tout soit bien fait et surtout suivre toutes les étapes dans le bon ordre. Au cours des années précédentes, j'ai fait certains trucs en brûlant plusieurs étapes. J'ai fait des choses dont je n'étais pas capable. Si on parvient à m'expliquer la raison, cela ne me dérange pas de faire aller mon pied de droite à gauche pendant une heure (rires). Désormais, j'ai vraiment confiance en François et dans mon nouvel encadrement. Cela m'aide à garder le moral et à me transcender quand c'est nécessaire.
Comment vous sentez-vous physiquement?
Plutôt pas mal pour le moment. Forcément, il y a un travail que je n'ai pas pu effectuer pendant l'hiver. J'ai donc moins de caisse. Pour l'enchaînement des 400 m, il y a un peu plus d'incertitude. Cela ne veut pas dire que je ne serai pas capable d'aller vite, de faire une performance, mais je ne suis pas certain d'être capable de les enchaîner.
Avez-vous craint pour la suite de votre carrière?
Je ne pense pas beaucoup à ma carrière, mais l'an dernier, je me suis angoissé pour ma saison. C'est d'ailleurs un des éléments qui m'a fait changer de structure. Je me suis senti seul avec mes problèmes. Désormais, je sais que c'était un truc grave, mais au moins, je suis fixé et je suis entre de bonnes mains. Ils m'ont déjà prévenu que je ne serai pas le numéro 1 cette année. Ils m'ont dit "ton année, ce sera en 2019 et surtout 2020."
Votre programme ne prévoit pas de haies, vous êtes revenu sur votre décision?
Non, au contraire, je fais confiance à mes préparateurs physiques. Je ne ferai pas de haies tant que je n'aurai pas reçu le feu vert. Le risque de blessure est trop grand pour l'instant. Dans un but contractuel, c'est de toute façon important que je sorte un bon chrono sur 400 m. Je n'ai pas eu de résultat l'an dernier. Vis-à-vis du relais notamment, c'est important de montrer que je suis toujours là.
Vous gardez donc un œil sur celui-ci…
Oui, mais il faudra être costaud parce que nous sommes plusieurs à prétendre à une place de titulaire.
Comment avez-vous vécu la médaille de Birmingham?
J'étais content de les voir aussi heureux. La réaction de Jo (Borlée) m'a surtout marquée. Personnellement, je n'étais pas déçu puisque je n'étais pas capable de courir à ce moment-là.
Pourquoi avoir décidé de migrer sur le 400 m haies? Parce que celui-ci est plus ouvert?
C'est une des raisons. Au niveau mondial, il y a en effet moins de densité. On peut donc plus facilement accéder à des demi-finales par exemple. Mais ce n'est pas uniquement opportuniste. Avec mon physique, la manière dont je cours le 400 plat, la façon dont je sais changer de rythme en relais, ma coordination, je pense que je peux être plus costaud. J'ai cet instinct pour les haies.
Vous vous entraînez désormais avec Robin Vandernemden. Une motivation supplémentaire?
Oui, parce que c'est un pote à moi et c'est un sprinter de très haut niveau.
Vous n'attendez pas grand-chose de cette saison, avez-vous déjà les Jeux olympiques de 2020 dans un coin de votre tête?
Évidemment, j'espère que ce sera le pic de ma carrière. Cela coïncide d'ailleurs avec l'année où j'aurai terminé mes études. Je perds beaucoup d'énergie en conciliant les deux. Ce sera donc une année purement consacrée à l'athlétisme
Justement, comment se passent vos études d'ingénieur à Bruxelles?
Cela continue de bien se passer. Je suis désormais en dernière année, que j'ai étalée sur deux ans. Ce n'est pas toujours évident, notamment pendant les sessions d'examens qui prennent beaucoup d'énergie, mais je continue d'adorer ce que je fais.
