Julien Watrin à quelques heures du championnat d'Europe indoor : "Je ressens comme un petit sentiment de résurrection"
Treize mois après avoir révélé son cancer, Julien Watrin va retrouver la ferveur d'un grand rendez-vous international. Il devrait déjà être en lice ce jeudi soir.
- Publié le 05-03-2025 à 19h23
- Mis à jour le 05-03-2025 à 19h27

Apeldoorn, cité de quelque 160 000 habitants, nichée au cœur des Pays-Bas. C'est là, dans l'hôtel Van Der Valk de la ville, que Julien Watrin a pris ses quartiers depuis mardi, partageant sa chambre avec Dylan Borlée le temps d'un championnat d'Europe indoor qui sera son premier grand rendez-vous international depuis les Mondiaux de Budapest en août 2023.
Un an et demi plus tard, après avoir traversé la terrible épreuve d'un cancer révélé en janvier 2024, après s'être rétabli d'une blessure au mollet survenue en novembre, l'athlète de l'AC Dampicourt goûte pleinement au bonheur de participer à un rendez-vous qui a lui fort bien réussi par le passé (trois fois l'or et une fois l'argent en relais 4 x 400 m, une fois l'argent en 400 m individuel)."Je suis hyper-content, confiait-il ce mercredi, quelques heures après une première reconnaissance d'une piste ultra-rapide et à la configuration assez particulière. Même si la compétion n'a pas encore débuté, les décors, les couleurs, l'ambiance, c'était un chouette moment pour moi. L'an dernier, quand j'ai repris en mai, j'étais certes heureux de pouvoir refaire de la compétition après ce que j'ai traversé, mais c'est encore un tout autre sentiment quand on prend part à un grand championnat."
Forcément, il lui arrive de repenser à sa situation d'il y a un an et à tout le chemin parcouru depuis lors. "Je ressens comme un petit sentiment de résurrection, sourit le Gaumais. À l'époque, c'était impossible de prévoir ce qui allait arriver. Même en septembre, je ne pouvais pas encore en être sûr. Il y avait beaucoup d'étapes à franchir, d'incertitudes quant à ma capacité à encaisser la charge de travail nécessaire pour le 400 m. J'ai discuté avec une personne qui rédige une thèse en biologie médicale, elle n'en revenait pas de mon retour en forme et m'a confié que mon cas aurait pu faire l'objet d'une thèse à lui seul. Ça aurait pu foirer, ça a marché, tant mieux. Mais dans ce cadre, ma blessure en novembre aura été un vrai coup dur, difficile à encaisser. Et me trouver ici, aux Pays-Bas, malgré ces circonstances, c'est plutôt pas mal. Quand je vois à quel point la piste est rapide, je me dis que j'aurais pu y réussir un bon chrono sur le 400 m individuel (NDLR: pour lequel il n'a pas réussi le minimum de 46.20 exigé), mais ma frustration est moins grande que ma joie d'être présent avec le relais."
Avec le mixte sans doute
Un relais pour lequel on ignore quand il courra ni en quelle position. Relais mixte, relais messieurs, les deux ? Pour des motifs stratégiques, le staff technique n'a rien voulu en dire ce mercredi, lors d'une conférence de presse. Néanmoins, on sait déjà que Dylan Borlée a déclaré forfait pour le mixte et qu'Helena Ponette et Imke Vervaet seront, sauf surprise, les deux filles en lice dans cette épreuve où l'on retrouvera notamment Femke Bol dans les rangs hollandais. Dès lors que Daniel Segers et Dylan Sacoor s'aligneront en série du 400 individuel vendredi matin, on les voit mal courir déjà ce jeudi soir pour le relais (finale directe, à 21 h 50). On peut dès lors supposer que Julien Watrin sera en lice avec Christian Iguacel ou, plus probablement, Florent Mabille. Quant au relais messieurs, il est prévu dimanche, à 18 h24. "Je me sens bien, mieux qu'il y a dix jours, ajoute le recordman de Belgique du 400 m haies. On a fait des tests avec les autres relayeurs dimanche et cela s'est bien passé. J'avais beaucoup travaillé en quantité jusqu'aux championnats de Belgique. Afin d'arriver le plus frais possible aux Pays-Bas, on a essentiellement misé sur des séances de qualité depuis lors. J'aime bien la configuration de la piste, j'ai hâte de courir."
Et peut-être d'étoffer à nouveau son brillant palmarès.Vite dit
La pression À Apeldoorn, Julien Watrin disputera sa première compétition sous la houlette du nouveau sélectionneur du relais, le Hollandais Bram Peters. "On s'est vu quatre ou cinq fois depuis sa nomination, précise le natif de Chenois. Il s'est même déplacé jusqu'à Louvain pour suivre l'un de mes entraînements. On communique beaucoup. Pour ses débuts, il a un peu la pression. Parce qu'on reste sur une belle série de médailles et parce qu'il va affronter ses compatriotes dans son pays."
Pas de Mondial Il ne prendra pas part au Mondial indoor de Nankin (Chine) du 21 au 23/3. "Cela risquerait de compromettre mes échéances futures. D'autant que j'ai encore beaucoup de travail en perspective pour le 400 m haies."
