Janvier 1945, c'était la seconde libération
Ce dimanche, 70 ans après les faits, La Roche s'est souvenu de sa libération. Délégations belge, américaine, britannique étaient présentes.
- Publié le 14-01-2015 à 05h00

Septante ans après les faits, la mémoire ne s'estompe pas en terre rochoise. Preuve en est le nombreux public qui s'était déplacé ce dimanche pour commémorer la seconde libération de la ville et de la région. Jour pour jour, ce 11 janvier, une poignée de mains entre Écossais et Américains symbolisait la paix retrouvée. Une paix retrouvée dans la douleur. La Roche-en-Ardenne était en ruines, ses villages avoisinants avaient aussi souffert des combats.
Personnalités
Pour commémorer ce fait historique, la Ville avait mis les petits plats dans les grands. Un régiment du 1/3 Lanciers de Marche-en-Famenne, la musique de la force aérienne, une garde d'honneur américaine, une représentation du Royal scots regiment et un groupe de reconstitution écossais étaient présents pour assurer le défilé aux quatre coins de la ville.
La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre Collin, du président du parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, Philippe Courard, de la députée Carine Lecomte, de Xavier Bossu, représentant la province de Luxembourg.
Le ministre de la Défense s'était fait représenter par le général Deconinck, chef de la composante terre. Deux vétérans avaient expressément fait le déplacement pour la circonstance (voir par ailleurs).
Vigilance
La journée a débuté par un office religieux présidé par Mgr Warin, évêque auxiliaire de Namur-Luxembourg.
Dans son homélie, ce dernier a soulevé le paradoxe de la nuit de Noël 44, nuit de paix et des bombardements qui allaient suivre, semant la désolation dans la région. Dans son allocution, le bourgmestre rochois, Guy Gilloteaux, a lui aussi fait des parallèles: la libération de septembre, la joie de la paix retrouvée et puis le cataclysme de l'offensive des Ardennes. Ce "retour de balancier", comme il le qualifiera, était d'une actualité brûlante.
Au moment des cérémonies rochoises, Paris et la France marchaient pour la tolérance. "Nous avons le droit de ne pas nous voiler la face. Nous avons le droit d'être inquiet", lance le mayeur rochois, évoquant la fragilité de la paix et des valeurs fondamentales de nos démocraties occidentales. "La paix n'est pas acquise, la bête immonde n'a pas été éradiquée", ajoute-t-il.
Un appel à la vigilance, à la construction européenne a ponctué le message du premier Rochois. Le sens de ces commémorations était certes centré sur le souvenir mais également résolument tourné vers le futur. Preuve que 70 ans après les faits, ce genre de manifestation a encore toute sa place.
