Une promotion pour attirer les profs de langue?
"Pourquoi ne pas réfléchir à une promotion pour attirer des profs de langue dans la province, à l'image de ce qui se fait pour attirer les médecins généralistes?"
- Publié le 25-02-2017 à 05h00

C'est en tout la question posée par Anne Laffut. La chef de file du groupe MR émet cette proposition dans le cadre d'un débat portant sur l'apprentissage des langues étrangères. Jean-Paul Dondelinger (cdH) abonde dans le sens de la conseillère de l'opposition. Jean-Philippe Florent (Écolo) lui, n'est pas certain que la Province soit le levier adéquat pour favoriser l'apprentissage des langues. "La Fédération Wallonie-Bruxelles devrait obliger l'apprentissage d'au moins une langue étrangère dès les primaires", avance-t-il.
Si l'unanimité règne sur la nécessité que les jeunes d'aujourd'hui maîtrisent au moins deux langues étrangères, ce n'est plus le cas quant aux moyens déployés par la Province pour atteindre cet objectif. En témoigne la question de Xavier Kroell (MR) qui a lancé le débat. Le conseiller a interrogé Bernard Moinet à propos du vide que va créer la future fermeture de Pro Linguis. Il l'a également questionné sur l'efficacité de réseaulangues et sur la proactivité de la Province.
Le député, accompagné de Salvatore Ali, le "Mr Langue" de la Province, s'est rendu le 1er février dans les locaux de Pro Linguis pour rencontrer la direction de l'école. "Le secrétaire n'était pas présent. Donc objectivement, malheureusement, pas grand-chose n'est ressorti de cette rencontre, avoue Bernard Moinet. L'objectif premier de ma visite était de pouvoir aborder la situation existante de l'école, afin de ne pas pénaliser notre province par l'absence d'un tel opérateur et d'envisager des pistes de solution. En termes de reprise, aucune perspective réjouissante n'est à ce jour connue. " Une table ronde sera donc prochainement organisée en la matière. Un état des lieux est également en cours de réalisation. " Il a été décidé d'établir un cadastre des offres de Pro Linguis, d'autres écoles et organismes afin de diagnostiquer les manques apparents", précise le député. Dès sa finalisation, une table ronde réunissant des acteurs tant publics que privés se tiendra. À la mi-avril normalement.
La mise en place de chèque langue? Le député est sceptique. "Ces chèques existent déjà sous forme de chèques formation, précise-t-il. Mais ils semblent particulièrement lourds à gérer administrativement. Certains opérateurs ne les utilisent donc pas. Mais si les partenaires autour de la table ronde l'estiment utile, nous investiguerons alors la question."
Très peu de visites
Xavier Kroell s'est par ailleurs montré critique envers l'attractivité et la modernité du site web réseaulangues, non compatible avec les smartphones. Avec 58 300 visites en un an, Bernard Moinet est satisfait de la visibilité. "Et 400 visites par jour de la page Facebook, ce n'est pas si mal ", ajoute le député. C'est pourtant peu!
