Liège : 13 biens patrimoniaux prochainement restaurés dont le château de Harzé, l'hôtel de Ville de Liège

Des bâtiments civils, des églises et autres châteaux sont visés par la décision de la ministre Valérie Lescrenier.

Marc Bechet
HARZE. LE CHATEAU DE HARZE  Photo michel tonneau
HARZE. LE CHATEAU DE HARZE Photo michel tonneau ©MICHEL TONNEAU

L'histoire de Liège, de sa province mais aussi de sa principauté, a permis à la région d'abriter un patrimoine d'une richesse inestimable. Bâtiments civils, églises, châteaux… les biens patrimoniaux sont en effet légion dans et autour de la Cité ardente. Inévitablement toutefois, ceux-ci souffrent des affres du temps.

Ce vendredi 26 décembre, une annonce a été faite par la ministre wallonne du Patrimoine, Valérie Lescrenier : 13 biens répartis sur le territoire de la province de Liège vont bénéficier d'un subside important, en vue d'être restaurés. Les interventions menées dans la province de Liège suivent une même ligne de conduite : protéger, restaurer, valoriser… et garantir un impact concret pour les citoyens.

"Préserver notre patrimoine, c'est agir concrètement pour renforcer l'identité de chaque commune et transmettre ce qui fait la force de nos territoires", a commenté la ministre Lescrenier. "Ces chantiers menés dans la province de Liège montrent notre volonté de protéger des lieux qui comptent pour les habitants, d'améliorer leur accueil et de garantir leur avenir. Restaurer, c'est aussi investir dans la qualité de vie et dans l'attractivité touristique de nos villes".

Spa, Liège, Trooz, Aywaille, Verviers,…

Une enveloppe conséquente est donc débloquée pour participer aux différentes restaurations. Au total, c'est près de 1,3 million d'euros qui seront consacrés aux 13 biens patrimoniaux suivants :

Spa – le Waux-Hall, joyau du patrimoine exceptionnel bénéficie d'un soutien wallon pour des travaux d'entretien

Classé depuis 1936 et repris sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie, ce bâtiment emblématique bénéficie d'une intervention visant à préserver durablement ses façades et ses éléments architecturaux remarquables.

Édifié entre 1769 et 1779 par l'architecte liégeois Jacques-Barthélemy Renoz, le Waux-Hall est aujourd'hui considéré comme le plus ancien casino d'Europe. Il est un témoin majeur de l'histoire architecturale et culturelle de Spa.

Les travaux portent sur l'entretien des façades, des châssis et des ferronneries, pour un montant total de 288.837 € TVAC. La Wallonie intervient à hauteur de 216.627 €, soit 75 % du montant subsidiable, en lien avec le caractère exceptionnel du bien et à son accessibilité, via l'Agence Wallonne du Patrimoine.

Aywaille – le château de Harzé bénéficie d'un soutien wallon pour des travaux d'entretien

La Wallonie soutient également des travaux d'entretien au château de Harzé, situé à Aywaille. Classé comme monument depuis 1965, cet ensemble fait l'objet d'une intervention visant à assurer sa bonne conservation.

Le château de Harzé constitue un exemple caractéristique de la Renaissance mosane, avec ses différentes ailes articulées autour du corps principal. Classé en raison de sa valeur artistique et esthétique, il occupe une place importante dans le patrimoine architectural de la région.

Les travaux portent sur la remise en peinture des menuiseries et des corniches. Le montant total de l'intervention s'élève à 141.009,68 € HTVA. La Wallonie intervient à hauteur de 70.504 €, soit 50 % du montant des postes subsidiables via l'Agence Wallonne du Patrimoine.

Aywaille – Château de Dieupart : renforcer un patrimoine local

Le château de Dieupart, classé depuis 1986, constitue un ensemble architectural remarquable. Il associe une façade du XVIIᵉ siècle, des ajouts du XVIIIᵉ et une tour plus ancienne, le tout précédé d'une majestueuse drève de hêtres pourpres également classée. Ce site occupe une place particulière dans le paysage et dans la mémoire des habitants.

La Wallonie soutient une nouvelle phase de restauration, avec un investissement de 160.622 €, destinée à :

  • restaurer les façades,
  • remplacer les menuiseries,
  • restaurer la charpente et la toiture.

Ces travaux visent à stabiliser et valoriser durablement un patrimoine local essentiel, souvent utilisé pour des activités culturelles et communautaires.

Herstal – la Wallonie soutient la restauration des orgues de l'église Saint-Lambert

Construites en 1871 par le facteur d'orgues Arnold Clerinx, les orgues de l'église Saint-Lambert constituent un ensemble de grande valeur artistique. Leur buffet de style néobaroque, ainsi que la tuyauterie et la mécanique d'origine, témoignent d'un savoir-faire exceptionnel et d'un excellent état de conservation.

Les travaux portent sur la maintenance et la restauration de l'orgue, pour un montant total de 40.230 € HTVA. La Wallonie intervient à hauteur de 26.978 €, soit 60 % du montant subsidiable, comprenant un complément lié à l'accessibilité, via l'Agence Wallonne du Patrimoine.

Herstal – Notre-Dame de la Licourt : préserver un témoin de l'histoire religieuse locale

L'église Notre-Dame de la Licourt, classée depuis 1960, est entourée d'un cimetière emmuraillé et marquée par une tour en briques reconstruite en 1677. Elle associe une nef du XVIIIᵉ siècle, un transept partiellement roman et un chœur qui témoigne de différentes phases de construction. L'ensemble reflète l'évolution architecturale du site au fil des siècles.

La subvention de 86.477 € porte sur la restauration des peintures intérieures et le remplacement des menuiseries extérieures.

Ces travaux répondent à des besoins concrets de conservation et permettent de valoriser un bien intimement lié à l'histoire locale.

Le tram à Herstal.
Le tram devait passer devant l'église Notre-Dame de la Licourt à Herstal. ©D.R.

Anthisnes – la Ferme d'Omalius bénéficie d'un soutien wallon pour la restauration de son aile nord

Une subvention complémentaire est accordée pour la restauration de l'aile nord de la Ferme dite d'Omalius, à Anthisnes. Classé comme monument depuis 1995, cet ensemble architectural remarquable constitue un repère patrimonial et institutionnel majeur pour la commune.

La Ferme d'Omalius est un vaste ensemble des XVIIe et XVIIIe siècles, construit en calcaire de Meuse et organisé autour d'une cour carrée partiellement pavée. Le bien classé comprend notamment les façades et toitures des bâtiments, le pavage de la cour, le perron du jardin, les étables ainsi qu'une cheminée de style Renaissance. Propriété de l'administration communale, le site accueille aujourd'hui la maison communale et des fonctions administratives.

Les travaux concernent la restauration de l'aile nord, affectée à la maison communale. Ils s'inscrivent dans la continuité d'un chantier déjà soutenu par la Wallonie via une subvention octroyée en 2012. La présente intervention constitue une subvention complémentaire, rendue nécessaire par des travaux imprévisibles apparus en fin de chantier et indispensables à la sauvegarde de l'ouvrage.

Le montant total des travaux s'élève à 191.809 € TVAC. La Wallonie intervient à hauteur de 122.975 €, soit un taux de subventionnement de 60 % du montant subsidiable via l'Agence Wallonne du Patrimoine.

Liège – Hôtel de Ville : préserver un symbole et améliorer l'efficacité énergétique

Classé comme Monument et reconnu patrimoine exceptionnel, l'Hôtel de Ville de Liège est l'un des emblèmes majeurs de l'architecture civile liégeoise du premier quart du XVIIIᵉ siècle. Sa façade équilibrée, ses décors intérieurs soignés et son rôle central dans la vie publique en font un repère urbain incontournable.

La Wallonie accorde une subvention de 166.806 € pour une série de travaux essentiels :

  • rénovation énergétique des châssis,
  • interventions en toiture,
  • restauration des ferronneries.

L'objectif est clair : assurer la conservation du bâtiment tout en améliorant ses performances énergétiques, pour un édifice plus durable et ouvert au public. Une approche qui concilie respect du patrimoine et responsabilité environnementale.

L'hôtel de ville de Liège.
MICHEL TONNEAU ©MICHEL TONNEAU

Liège – Église Saint-Jacques : un entretien majeur pour un site exceptionnel

Classée depuis 1936, l'église Saint-Jacques est l'un des joyaux majeurs de la ville. Ancienne abbatiale bénédictine fondée en 1015, elle impressionne par sa reconstruction du XVIᵉ siècle en style gothique flamboyant, son avant-corps roman, son portail attribué à Lambert Lombard, ses vitraux du chœur et ses peintures de voûte.

La subvention de 104.286 € accordée via l'AWaP permet de réaliser un entretien approfondi :

  • toitures, zingueries et chéneaux,
  • façades, pierres et rejointoiements,
  • consolidation localisée des maçonneries.

Ces interventions garantissent la sécurité des visiteurs et la préservation d'un ensemble artistique et historique d'une valeur exceptionnelle.

Liège : restauration du perron de la chapelle Saint-Roch en Volière

Classée comme monument depuis 1970, la chapelle Saint-Roch en Volière, située à Liège, fait l'objet d'une intervention visant à assurer la conservation et l'accessibilité de ce site patrimonial emblématique grâce à la future restauration du perron d'entrée de la chapelle.

Édifiée au XVIᵉ siècle, la chapelle Saint-Roch se distingue par sa façade millésimée 1558, son large perron datant de 1683 et sa nef unique couverte d'une voûte en berceau stuquée du XVIIIᵉ siècle. Elle constitue un témoignage architectural remarquable au cœur du tissu urbain liégeois.

Les travaux portent sur la restauration du perron d'entrée, pour un montant total de 145.731 € TVAC. La Wallonie intervient à hauteur de 84.506€, soit 60 % du montant subsidiable via l'Agence Wallonne du Patrimoine.

Le perron de la Chapelle Saint-Roch en Volière.
Le perron de la Chapelle Saint-Roch en Volière. ©D.R.

Liège – restauration de la maison classée rue du Mont-de-Piété

Une subvention est accordée pour la restauration de la façade et de la toiture de la maison située rue du Mont-de-Piété, 19 à Liège.

Classé en tant que monument depuis 1989, cet immeuble participe à la valeur patrimoniale et à l'harmonie architecturale de l'ensemble bâti de la rue. Datant principalement du XVIIIᵉ siècle, la maison se distingue par sa façade à rue, dont le rez-de-chaussée conserve ses éléments d'origine, ainsi que par sa façade arrière en briques et calcaire. Elle présente une valeur d'accompagnement reconnue, au sein d'un alignement de maisons classées pour leur intérêt historique et artistique.

Les travaux portent sur une restauration globale, incluant la remise en état des éléments classés et l'aménagement de trois appartements et d'un commerce. Le montant total des travaux s'élève à 333.101 €. La Wallonie intervient à hauteur de 79.625 € via l'Agence Wallonne du Patrimoine.

Trooz – Église Sainte-Catherine : protéger un repère historique au cœur du village

Classée depuis 1941, l'église Sainte-Catherine est un édifice d'origine romane dont les parties les plus anciennes datent du XIᵉ siècle. Elle se distingue par sa nef unique, son chœur de 1684, une chapelle latérale et une tour reconstruite en 1954. À l'intérieur, un Christ polychrome du XIVᵉ siècle et des peintures du XVIᵉ siècle témoignent d'un riche passé artistique.

La Wallonie accorde 86.548 € pour restaurer la couverture de la tour et de la chapelle. Objectif : protéger l'édifice contre les infiltrations et garantir sa stabilité, afin de maintenir son rôle central dans la vie locale.

Verviers – Sainte-Julienne : maintenir la dynamique de restauration d'un ensemble monumental

L'église Sainte-Julienne, édifice néogothique du début du XXᵉ siècle, se distingue par son architecture ambitieuse, sa façade à deux tours et une ampleur représentative du Verviers industriel en plein essor. Son classement couvre l'église, ses abords et le presbytère.

La Wallonie finance ici aussi, une partie des travaux, à hauteur de 47.197 € pour la restauration des menuiseries extérieures du presbytère.

Cette étape permet de maintenir la dynamique autour d'un ensemble qui structure un quartier entier et représente un repère patrimonial fort pour les habitants.

L'escalier de l'église Sainte-Julienne rouvert
©EDA

Limbourg – restauration d'un bien patrimonial exceptionnel

Pour préserver l'intégrité architecturale d'un ensemble classé, la Wallonie accorde une subvention de 26.953 € destinée à la restauration de la toiture d'un bâtiment historique situé place Saint-Georges. Cette intervention bénéficie d'un taux de base de 50 %, complété par une majoration de 15 % en raison du caractère exceptionnel du bien. Ce soutien illustre la volonté régionale de protéger les témoins remarquables de notre histoire et de garantir leur transmission aux générations futures.

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