Il retourne sauver des vies en Éthiopie
L'âge de la pension derrière lui, le Professeur Mitiku Belachew opère néanmoins encore. Par passion et pour le peuple de son Éthiopie.

- Publié le 17-11-2015 à 05h00

On pourrait s'imaginer qu'à 73 ans et après une carrière médicale intense à travers le monde, le Professeur Mitiku Belachew profite d'une retraite paisible dans son chez lui liégeois (NDLR: il a jadis habité au Château de Bonne Espérance à Tihange). L'homme continue pourtant à partager son savoir au service de la médecine et, plus précisément, au profit du peuple d'Éthiopie. Comme un retour aux sources dans cette patrie dont il ne s'est pas seulement éloigné pour poursuivre son cursus. "Je suis resté 21 années sans retourner en Éthiopie à cause du régime militaro-communiste qui entretenait la terreur au pays, regrette le Professeur Mitiku Belachew. Les Européens ont de l'Éthiopie ces images de famine de 1984. Mais cette famine a été provoquée par le régime qui, en déstabilisant les paysans, n'a fait qu'aggraver les dégâts de la sécheresse chronique. Pourtant, l'Éthiopie est un pays extrêmement fertile, classé deuxième des pays africains en ressources d'eau."
Le Professeur Mitiku Belachew n'a, cependant, jamais tourné complètement le dos à l'Afrique. Fin des années 80, il s'engage avec la Ville de Huy dans de l'humanitaire en collaborant avec l'hôpital de Natitingou au Bénin.
D'autres Hutois, au sein de l'ASBL "Salanta", l'épauleront, ensuite, dans un retour vers l'Éthiopie par la voie humanitaire. "Il y a 14 ans, on a aidé à la construction d'une école dans cette région inaccessible où j'habitais au bord d'un lac. Aujourd'hui, elle compte 700 élèves." Le petit berger étant devenu chirurgien mondialement reconnu, le couloir humanitaire a aussi pris des accents médicaux au rythme d'allers-retours entre la Belgique et l'Éthiopie. Bien que retraité chez nous, le Professeur Mitiku Belachew s'entoure d'autres spécialistes européens et américains pour organiser des missions chirurgicales sponsorisées qui permettent aux patients éthiopiens d'être opérés sans frais pour leur famille. "En 2002, j'y ai exporté la technique de la laparoscopie permettant d'observer l'intérieur de l'abdomen sans ouvrir. J'y opère encore aujourd'hui. C'est un métier que j'aime. Il ne faut pas s'arrêter à la pension. Ma vie est dévouée aux patients et ça ne peut s'arrêter. Se sentir utile et sauver la vie des gens, c'est très gratifiant, quel que soit l'âge."
