Paul Magnette ne veut plus être bourgmestre: "Après 12 ans, j'estime avoir fait du bon boulot. Je porterai l'opposition aux gouvernements de droite"
C'est "avec un pincement au cœur" qu'il explique son choix : "On m'a demandé d'incarner l'opposition et de lancer une rénovation en profondeur du PS pour gagner massivement en 2029. Ce n'est pas compatible avec le mandat de bourgmestre d'une grande ville."

- Publié le 01-09-2024 à 03h35
- Mis à jour le 01-09-2024 à 07h35

Paul Magnette ne veut plus être bourgmestre de Charleroi. Il a pris la parole, après le congrès PS ce samedi, pour expliquer son choix. "Pour moi, deux choses étaient claires : je n'allais pas pouvoir continuer pour un 3e mandat, parce que le Parti Socialiste me demandait d'incarner et de porter l'opposition aux gouvernements de droite, mais aussi incarner et porter la rénovation en profondeur du PS, pour gagner massivement en 2029 et revenir aux responsabilités. C'était quasi unanime, mais c'est difficile de gérer une grande ville, déjà en étant président de parti ou en négociant pour les fédérales. Mais si en plus il faut réformer le PS et aller au parlement fédéral, ce n'est pas possible. Charleroi mérite une équipe complète et un bourgmestre à temps plein."
L'homme aux 22 000 voix sera par contre 3e de liste, vu son poids électoral, "et parce qu'après 12 ans j'estime avoir fait du bon boulot, et il faudra de la continuité et des touches nouvelles. Mais je ne pouvais pas décemment me présenter comme tête de liste en affirmant que je ne serai plus bourgmestre quoi qu'il arrive. Il faut que les Carolos qui votent socialistes sachent qui serait potentiellement leur bourgmestre : Thomas Dermine est tout désigné." Si l'électeur lui en donne le mandat, le jeune Dermine sera donc le bourgmestre de la plus grande ville de Wallonie. Mais attention : le bourgmestre sera de toute façon le candidat qui fait le plus de voix sur la liste majoritaire de la future coalition, rien n'est donc joué. "Mais l'équipe est prête", note Magnette, qui fera campagne aux côtés de Thomas Dermine bien sûr, mais aussi de Julie Patte (2e), de Philippe Van Cauwenberghe (5e) et bien d'autres : "on a préparé ces élections de longue date. On a lancé des dizaines d'états généraux, pour extraire des propositions pour notre programme. Et plus de la moitié des candidats sont nouveaux, avec quelques personnalités d'ouverture – des commerçants, indépendants, enseignants – qui s'ils partagent nos valeurs n'ont pas de carte de parti."
Il l'admet : "c'est un sacré bail, douze ans. Il y a une certaine émotion. Mais en politique, je pense que c'est important de réussir ses successions. Ne pas préparer la relève, faire le mandat de trop, s'accrocher à un mandat : je m'étais toujours promis de ne pas le faire. Et ici, on aura une équipe solide pour porter les projets carolos", dit-il, précisant qu'il sera volontiers "simple" conseiller communal ("sans être une belle-mère"), pour garder un pied dans sa ville. "Quand je suis arrivé, en 2012, on était dans un déclin profond. Les gens n'y croyaient plus, ils étaient démoralisés, tout le monde voulait partir. C'était terrifiant. Ça a été mon premier combat, empêcher les gens d'abandonner. Et je pense qu'on voit désormais que les gens y croient, que des familles s'installent à Charleroi, parce qu'il y a des commerces, parce qu'il y a des écoles, parce qu'il y a une fierté retrouvée. Tout n'est pas parfait et il y a à faire : mobilité, sécurisé, revitalisation commerciale… Mais l'espoir, lui, est revenu. J'ai la conscience tranquille."
