Air Belgium: stop ou encore?
Une assemblée générale extraordinaire est convoquée ce jeudi après-midi pour discuter de la situation de la nouvelle compagnie aérienne belge, Air Belgium.
- Publié le 17-10-2018 à 18h00

Air Belgium est aujourd'hui confrontée à des difficultés financières en raison de la défection de son principal client chinois UTour. La question de la poursuite des activités est clairement posée, mais les actionnaires actuels proposent de ne pas baisser pavillon. Ils demandent le renforcement des vols pour des compagnies tierces et la recherche de nouveaux actionnaires.
Selon nos informations obtenues à diverses sources, la situation financière est très tendue chez Air Belgium. Lancée en juin 2018, la nouvelle compagnie aérienne belge est confrontée à des difficultés financières à cause de la défection de son principal client chinois UTour. Celui-ci n'a pas respecté son engagement pris en 2017 de fournir à Air Belgium le nombre suffisant de passagers chinois pour assurer la liaison reliant Charleroi à Hong Kong. Pire encore, UTour a pratiquement imposé aux dirigeants de la jeune compagnie belge une réduction des tarifs à tel point que la rentabilité de la liaison Charleroi-Hong Kong n'est plus assurée . Conséquence, Air Belgium a été obligée d'arrêter ses vols vers Hong Kong (depuis début octobre) pour éviter de grever ses comptes, mais la cessation brutale et imprévue de son unique liaison en propre a déséquilibré gravement son plan d'affaires et de développement. Il faut dire qu'elle a dû débourser des dizaines de milliers d'euros pour dédommager les passagers lésés.
Aujourd'hui, les actionnaires et les dirigeants ont décidé de poursuivre et d'accentuer les vols opérés pour des compagnies tierces (Air Fance, TUI, British Airways, etc.), ce qui permettra d'engranger des recettes suffisantes. Mais en attendant la concrétisation de ces nouveaux contrats et même si les perspectives sont optimistes à ce niveau, Air Belgium se retrouve dans une situation où son actif net (les fonds propres qui renseignent sur la solidité financière d'une entreprise) est aujourd'hui réduit à un montant inférieur à la moitié de son capital.
Face à la situation et sur base de l'article 633 du code des sociétés qui l'y oblige, le conseil d'administration a convoqué une assemblée générale extraordinaire des actionnaires pour poser la question de la continuité ou de la dissolution de la compagnie aérienne. Contactés par nos soins, tous les protagonistes se refusent à tout commentaires, mais selon des sources proches du dossier, le principal artisan de la création d'Air Belgium Niky Terzakis et qui en est le directeur général ne ménage pas ses efforts pour éviter le crash de la compagnie dans laquelle il a aussi injecté de l'argent de sa poche. Il est d'autant plus décidé à relever le défi que beaucoup de salariés ont sauté dans la carlingue de la compagnie parce qu'il en est à l'initiative. Il joue ici sa crédibilité acquise de par son expérience d'ancien dirigeant de TNT Airways durant plusieurs années.
La question de la survie d'Air Belgium est clairement posée dans l'ordre du jour de l'Assemblée générale extraordinaire du 18 octobre. Mais le conseil d'administration propose aux actionnaires de poursuivre l'aventure, mais moyennant des mesures susceptibles de permettre à la compagnie belge de traverser la zone de turbulences et de stabiliser sa situation financière. Parmi celles-ci figurent la recherche de nouvelles liaisons aériennes à opérer et le renforcement des vols pour des compagnies tierces (vols ACMI). Il est aussi question d'une diversification des activités avec le lancement de vols cargo. La recherche de nouveaux actionnaires est également à l'agenda en vue de finaliser une augmentation de capital d'ici quelques mois. Des pistes sérieuses seraient d'ailleurs déjà identifiées à cet effet, mais les dirigeants doivent veiller à ce que les actionnaires belges ou européens détiennent au moins 50% du capital pour bénéficier d'un droit de trafic européen. Actuellement, l'actionnariat d'Air Belgium est réparti entre la SRIW (12,501%), la SFPI (12,501%), Sabena Aerospace (5,01%), 3T (19,993%) et des partenaires asiatiques (49,995%). Il est aussi question d'une réduction drastique des coûts opérationnels en privilégiant désormais les dépenses indispensables.
L'optimisme est toutefois de mise car Air Belgium a signé ce mercredi un partenariat stratégique avec le chinois HNCA qui augure de bons développements pour le futur.
