Caterpillar: la promesse des Wallons tient toujours
Le gouvernement wallon avait promis de récupérer le site de Caterpillar. Par la porte ou par la fenêtre. Concrètement, quand? Et comment?

- Publié le 15-02-2017 à 05h00

Cette fois, ce ne sont plus les syndicats qui interrogent le gouvernement wallon sur les promesses faites aux travailleurs de Caterpillar Gosselies en septembre 2016, lors de l'annonce de la fermeture. Ce sont les députés wallons qui venaient aux nouvelles auprès du ministre compétent. Des questions. Et de la frustration.
1. La reprise du site
Comme le ministre-président wallon l'a déjà dit début février face aux travailleurs de Gosselies venus manifester à Namur, le ministre Jean-Claude Marcourt (PS) l'a réaffirmé hier en commission de l'Économie du Parlement wallon: "Nous utiliserons tous les moyens légaux pour prendre possession du site. " Le ministre se dit déterminé. OK. Quand? "Laissez-moi le temps de la négociation. Pour l'instant, elle est privilégiée. Si la négociation n'aboutit pas, on fera tout pour reprendre le site en mains. "
2. Le décret "Expropriation"
Le gouvernement wallon évoque aujourd'hui une "appropriation" du site. Pour éviter de reparler à nouveau de réquisition ou d'expropriation? Et d'ailleurs, où en est le décret du même nom? À la poubelle, comme le suppute le député PTB Frédéric Gillot? "Le décret "Expropriation" avait déjà été évoqué pour ArcelorMittal en 2013, à l'annonce de l'arrêt de la phase à chaud. Ce qui avait suscité l'espoir des travailleurs. " En vain, rappelle-t-il. " Non, il n'est pas à la poubelle", répond le ministre Marcourt. Mais l'Europe serait immédiatement sur le dos d'un éventuel repreneur: dans ce cas de figure, l'aide publique serait en effet analysée comme une distorsion de concurrence. Et puis, le décret "Expropriation" ne répondrait pas non plus aux attentes des travailleurs de Caterpillar, prévient le ministre. "Quand on s'appropriera le site, dans l'hypothèse où la négociation ne marche pas, il faut le savoir: on ne referait pas des machines Caterpillar. Nous n'avons ni les licences, ni la matière. "
3. Les pistes
Bon. Et du côté des repreneurs potentiels? Le terrain est stratégique, tout le monde est d'accord sur ce point. Marcourt a pris ses contacts. "Sur les dizaines d'entreprises désireuses de s'implanter en Europe, cinq ont marqué leur intérêt pour tout ou partie du site. Ce qui ne veut pas encore dire ""contrat" ou "investissement". Il faut aussi examiner les demandes, voir si c'est compatible. Ça prend du temps. " Et Caterpillar ne joue pas les facilitateurs. "On ne nous a pas autorisés à aller sur place avec des candidats investisseurs pour leur permettre de visualiser le site", note Marcourt.
4. Les délais
Il y a aussi le plan de reconversion CatC ("Caterpillar Charlero") qui envisage une vie après Caterpillar: de 6 000 à 8 000 emplois d'ici à 2025. Rien de concret avant 3 ou 4 ans.Au final, les députés de l'opposition restent sur leur faim. "Je note votre détermination. Je vois bien que des démarches sont en cours, reconnaît Philippe Henry (Écolo). Mais on n'a rien de précis. Et pour les travailleurs, le temps presse. On ne pourra pas rester longtemps dans cette situation. " Au MR, Olivier Destrebecq confirme. "Si je dois rencontrer les travailleurs de Caterpillar aujourd'hui, je suis incapable de leur dire quoi que ce soit après vous avoir entendu. " Marcourt, lui, reste confiant: "Envoyez-les moi ", conseille-t-il au député MR.
