Deuxième, sa plus... mauvaise place
Xavier Siméon a remporté le titre de champion du monde en Superstock 1 000. Un titre de plus pour le Bruxellois du RMC Pierreux.

- Publié le 10-10-2009 à 06h00
Sa grande qualité, c'est probablement sa régularité mais pour s'imposer dans un championnat du monde, il faut multiplier les paramètres : un bon team, une bonne moto et un bon pilote. Xavier Siméon a parfaitement réussi cette addition.
Pas de quoi attraper la grosse tête pour un garçon qui ne cesse pourtant de grimper dans la hiérarchie de la moto. Dimanche sur le circuit français de Magny-Cours, sa deuxième place lui a permis de décrocher le titre de champion du Monde en Superstock 1000 : "Cette saison, ma plus mauvaise place, c'est la deuxième", raconte le pilote Ducati.
Avant la dixième et dernière manche qui se déroulera à Portimao au Portugal, le pilote du RMC Pierreux a en effet décroché quatre victoires pour cinq deuxièmes places : "C'est pour ça que la saison n'est pas encore finie, nous comptons bien nous imposer à Portimao lors de la dernière épreuve histoire de prouver que le titre est bien mérité." Un titre cent fois mérité même pour Xav et son team qui ont fait résonner la Brabançonne là où on a rarement l'occasion de l'entendre dans cette discipline qu'est la vitesse pure.
Si les spécialistes se rappellent des titres de vice-champions du monde de Didier de Radiguès (250 cc) et de Stéphane Mertens (Superbike), ils se rappellent surtout que par le passé, des garçons comme... Michel Siméon - le papa de Xavier - et Stéphane Mertens ont décroché un titre mondial en Endurance.
" "C'était en 1995, se rappelle Michel. C'est sûr qu'avec mon expérience, j'ai pu aiguiller Xavier. Cela fait maintenant douze ans qu'on est sur les circuits." Xavier sait ce qu'il doit à sa famille, aux sacrifices financiers de ses parents : "C'est une des raisons pour lesquelles je donne le meilleur de moi-même. Quand je vois le travail au sein du team, l'ambiance et tout le reste, j'ai toujours envie de remercier l'équipe en faisant de bons résultats sur la piste." Le déclic, c'est à Brno qu'il s'est produit. Le Français Berger - "probablement le plus fort dans la catégorie" - y a fait une chute tandis que l'Italien Corti passait tout à fait à côté de sa course : "C'est là que j'ai commencé à prendre mes distances, raconte Xavier. J'avais mis la pression sur Berger et il est tombé tandis que Corti ne terminait qu'à la sixième place.
" Pour décrocher un titre mondial, il faut de la régularité et aussi et surtout un peu de chance, ce que je n'ai pas toujours eu par le passé." L'objectif cette saison, c'était de faire au moins un podium à chaque course. Un objectif largement atteint pour un crack de 20 ans qui ne sait pas dans quel championnat il va évoluer l'an prochain. Faut dire que plus haut, c'est soit le Superbike, soit le MotoGP.
"Tout cela doit se décider dans les semaines qui viennent avec Ducati, souligne le champion. Je l'ai déjà dit, si je monte en Superbike, je veux que ce soit avec la même équipe. C'est une catégorie très difficile et pour moi, l'aborder avec une équipe que je connais bien, ce serait une façon d'aller directement à l'essentiel. Et si on y va, il n'est évidemment pas question d'y avoir des ambitions démesurées. Viser une place dans les 15 premiers lors des premiers rendez-vous et pourquoi pas évoluer au fil de la saison..." En attendant, il reste une manche en Superstock 1000 que Xavier ne veut pas lâcher. Histoire de remercier son équipe, mais aussi sa famille et ses supporters, de plus en plus nombreux.
