"Les trottinettes mal garées peuvent être un véritable danger" : des associations tirent la sonnette d'alarme en attendant l'arrêté micromobilité
L'arrêté bruxellois réglementant les engins en libre-service est attendu pour le printemps. Des associations montent au créneau en dénonçant le stationnement massif d'engins sur les trottoirs bruxellois.
- Publié le 15-12-2022 à 14h02

"Si une trottinette est mal garée sur le trottoir et qu'une personne mal voyante vient, sa canne peut passer au-dessus et alors la personne tombe", explique Mathieu Angelo, directeur du Cawab (Collectif Accessibilité Wallonie Bruxelles). Ce mercredi, cette association et la plateforme Walk ont accroché quantité de flyers aux guidons des trottinettes du quartier Nord de Bruxelles. "Véhicule mal stationné, danger !","ce véhicule représente un obstacle pur les piétons, en particulier pour les personnes à mobilité réduite", le tout accompagné du hashtag #LibérezNosTrottoirs. Une action répliquée à Liège et Namur.




"Les trottinettes mal garées peuvent être un véritable danger", dénonce Mathieu Angelo. Nino Peeters, président du Cawab et lui-même en situation de handicap, donne un exemple : "une de nos membres n'ose parfois plus sortir de chez elle à cause des trottinettes. Cette situation crée une véritable exclusion." Selon lui, "le politique a fait preuve d'amateurisme" en ne laissant les opérateurs débarquer sans cadre clair. "Il a fallu attendre des années et 20 000 engins pour que ça bouge."
Limitation à 13 000 engins
Le timing de cette action d'association est tout sauf anodin. À Bruxelles si l'ordonnance micromobilité fixant le cadre général a été approuvé en février dernier, l'arrêté d'exécution se fait quant à lui attendre. Présente à l'action, la ministre Van den Brandt déclare : "on doit agir maintenant". Les associations applaudissent l'attitude positive de la ministre Van den Brandt… mais attendent des résultats. L'échéance du printemps est évoquée pour la mie en place de la réforme. Une première ébauche d'ordonnance, sans accord politique, est actuellement soumise à la concertation.


Un point apprécié par les associations : la réduction et l'encadrement du nombre d'engins présents sur le territoire communal. Actuellement estimé à 23 500, le nombre de trottinettes pourrait être réduit à 13 000, avec différents types de licences.
Autre grand changement : le nouveau cadre prévoit des territoires à drop-zones obligatoires, mais également des zones sans drop-zone où les trottinettes peuvent être garées en dehors de ces zones, mais sous condition (pas sur les trottoirs, les passages pour piéton…). "Il ne faut pas de flou. On aimerait des drop-zones obligatoires et sur la chaussée", explique Mathieu Angelo. Des drop-zones ont déjà été mises en place, notamment à Berchem et Evere. Le problème de ces zones : souvent trop petites, pas assez nombreuses et parfois mal placées, selon les associations.
Les modalités de retraits et de sanctions en cas d'infraction sont également jugées trop faibles par le collectif. "Il ne faut pas juste se baser sur les signalements. Les personnes mal voyantes par exemple ne savent pas prendre des photos. Il faut automatiser ces sanctions et forcer les opérateurs à respecter les règles."
Notons que la première mouture du projet prévoit une limitation à 20 km/h pour les trottinettes et à 25 km/h pour les vélos partagés.