Un mois de grimpe et le Freerider en cinq jours
Grimper et filmer leur aventure d'un mois sur les parois mythiques du Yosemite. John, Olek et Nicolas n'ont pas froids aux yeux.

- Publié le 08-06-2007 à 10h00
L'idée, c'est de faire des grandes voies sur les plus grandes parois de granit au monde, des Big Wall comme on dit dans le milieu. Des voies qui n'existent pas en Europe, des voies qui pulullent dans la sacro-sainte vallée du Yosemite, en Californie.
Durant un mois, du 26 août au 26 septembre, Olek Kazimirowski, Johnathan Thomas et Nicolas Andry, trois copains réunis par une même passion, la grimpe, vont se régaler sur les parois de ce que l'on considère généralement comme "La Mecque" de l'escalade. Un rêve, mais surtout une grande expérience où se mêleront amitié, aventure et dépassement de soi.
"En cela, ce n'est pas une première, expliquent "John" et Olek. Ce qui l'est plus, ce que, dans notre équipe, Nicolas va prendre des photos et filmer nos ascensions mais aussi saisir les moments de notre vie quotidienne. Ce sera presque comme si c'était filmé de l'extérieur et ce doit être une première pour la Belgique. Les images devraient en tout cas être plus parlantes que celles qu'on peut réaliser avec une caméra fixée à la tête."
Des images de grimpe, elles les ont fait rêver. C'est à leur tour de faire rêver : "On a envie que d'autres suivent."
Le partage des émotions dans l'effort, la magie des prouesses, la simplicité du quotidien quand on reste accroché durant cinq jours à une paroi, la vie en phase avec la nature... Toutes des valeurs qu'offre l'escalade en pleine nature et que le jeune trio du Brabant wallon entend pouvoir partager à son retour.
Encore faut-il les grimper... "Depuis deux ans, on a commencé à faire de plus grandes voies en Suisse puis à Sheffield en Angleterre. Il faut s'habituer aux "coinceurs" mais l'avantage au Yosemite par rapport à des sites qu'on retrouve en Patagonie notamment, c'est qu'il y fait toujours bon.
" Physiquement, il faut s'entraîner pas nécessairement pour l'aspect purement grimpe. Notre programme demande quand même beaucoup d'endurance : porter les sacs d'un site à l'autre, les monter, installer les bivouacs sur la paroi, redescendre pour décoincer un sac qu'on ne sait plus monter..."
Le Freerider sur El Capitan va même nécessiter cinq jours d'escalade. "C'est notre gros objectif en terme de grimpe. Cela ne s'annonce pas évident car une telle ascension réclame pas mal de matériel pour le bivouac et pour vivre cinq jours."
Cinq jours comme suspendu dans le vide, cinq jours sans poser les pieds sur le sol : "C'est sûr que pour réussir pareil défi, il faut s'apprécier au départ et à ce niveau-là, pas de souci, on est vraiment pote. D'ailleurs, dans cette expérience, le fonctionnement de la cordée est peut-être plus important que la performance sportive. Il se passe vraiment quelque chose dans notre cordée."
La sécurité est évidemment un des éléments essentiels de la grimpe en libre : "Les coinceurs ne servent d'ailleurs qu'à la sécurité et à ce niveau-là, il ne faut pas croire que tout est facile. Parfois, sur une faille de 50 m et assez large, on ne sait placer qu'un seul coinceur."
Autant dire qu'il ne faut pas se tromper.
"On a rencontré Nicolas Favresse. Il nous a conseillé des voies. Il a vécu là-bas et il connaît super bien le site."
C'est déjà ça de pris.
