Rapt contre rançon: le procureur réclame trois fois 12 ans de prison ferme
En 2024, une mère de famille a été kidnappée à Bruxelles. En plus d'une planque à Mellery, une maison était aménagée à Waterloo pour séquestrer une nouvelle victime déjà ciblée.
- Publié le 06-03-2026 à 17h32
- Mis à jour le 06-03-2026 à 17h34

La semaine dernière (lire L'Avenir du 28 février), nous avions abordé une affaire de rapt crapuleux d'une jeune mère de famille, avoué par trois prévenus français appartenant à une organisation criminelle internationale, le NPK, sévissant particulièrement dans l'Hexagone. C'était le 20 décembre 2024.
Cette bande s'est spécialisée dans le rapt de victimes présumées riches et souvent actives dans la cryptomonnaie. Des rançons colossales étaient et sont encore réclamées aux familles des otages.
Les membres du NPK ont repéré sur les réseaux sociaux un couple bruxellois, ont fait des repérages la veille et l'avant-veille autour du domicile de leur future proie, se sont renseignés sur la composition du ménage, puis sont passés à l'acte.
La victime devait, initialement, être séquestrée dans un immeuble à Mellery. L'enquête a permis de découvrir que ce dernier était équipé pour accueillir l'otage: une salle de bains était notamment aménagée, avec des doubles murs et un faux plafond. Les limiers de la police judiciaire ont également déniché une autre planque où tout était préparé pour un nouveau kidnapping, avec un futur otage bien ciblé. On y a saisi des armes, du scotch noir pour attacher leur future proie, des marteaux pour la frapper, des cagoules, des perruques et des fausses moustaches.
Course-poursuite à 170 km/h
Pour rappel, la camionnette Peugeot des quatre ravisseurs a été prise en chasse sur l'autoroute de la mer du Nord, dans les deux heures qui ont suivi l'enlèvement. La dame était couchée à même le sol et attachée par des colsons. Un témoin du rapt avait photographié la plaque minéralogique et avait immédiatement lancé une alerte générale.
Avant que la poursuite ne commence, les gangsters ont eu le temps d'arracher le numéro de portable du mari de l'otage et lui ont envoyé des messages odieux. Ils réclamaient une rançon de l'équivalent de 12 millions d'euros en cryptomonnaie. Bien renseignés, ils menaçaient de s'en prendre aux enfants et aux grands-parents, dans des termes criminels. Une voiture banalisée les suivait, dont l'un des occupants donnait des consignes et a prévenu les truands que les premières sirènes de police se faisaient entendre. Ce complice n'a jamais été identifié.
Le chauffeur de la camionnette Peugeot a mis le pied au plancher et a atteint une moyenne de 170 km/h, zigzaguant entre les autres véhicules et empruntant la bande des pneus crevés. Finalement, à plus faible allure, le véhicule s'est renversé dans un fossé. Il n'y eut pas de mort, mais des blessures d'une gravité relative. Cependant, les secours ont dû désincarcérer les occupants.
Jeudi après-midi, le procureur général a requis 12 ans de détention ferme contre chacun des trois prévenus. Le quatrième auteur de cette opération criminelle est un adolescent français détenu dans l'Hexagone. Les intéressés avouent les faits et, via leurs avocats, ils réclament des circonstances atténuantes pour descendre en dessous de 12 ans.
L'arrêt sera prononcé le mois prochain.
