Charleroi: en résistance contre la culture du viol avec la plateforme Ruban blanc
La plateforme Ruban blanc entre dans les derniers préparatifs de sa manifestation du 24 novembre. Des dizaines de femmes actives se mobilisent.
- Publié le 14-11-2023 à 19h05
- Mis à jour le 14-11-2023 à 19h06

Des rubans blancs géants installés dans l'espace public, une exposition, des ateliers de formation et de sensibilisation, des témoignages affichés en rue, une action "chaussures rouges" et, surtout, une manifestation citoyenne le vendredi 24 novembre à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre toutes les violences faites aux femmes: les onze membres de la plateforme Ruban blanc de Charleroi, l'invité de leur 6e campagne – le service Égalité des chances de la Ville -, ainsi que les partenaires privés et publics entrent dans les derniers préparatifs.
"En 2023, notre engagement envers un monde exempt de violences faites aux femmes demeure inébranlable et se traduit dans une concentration d'actions au cœur de laquelle nous avons inscrit une thématique particulière: celle de la culture du viol", indique d'emblée Gémaëlle Corsini, coordinatrice de la Maison plurielle de Charleroi et fondatrice de la plateforme.
Le coup d'envoi a été donné le 9 novembre dernier avec le double vernissage des expositions "Blessures de femmes" à Rive gauche, et "Que portais-tu ce jour-là ?" à la Maison du Hainaut, qui aborde la question des vêtements dans les affaires de viol. "Histoire de déconstruire cette idée erronée que les tenues contribuent aux passages à l'acte."
Pour préparer les femmes à des prises de parole en public, la plateforme organise un atelier d'expression le mercredi 22 novembre en matinée. La manifestation du 24 débutera sur la place Buisset à midi, avec une minute de silence en hommage aux victimes de féminicides et d'agressions, et une minute de bruit pour éveiller les consciences à cette sinistre réalité. Ce jour-là, des totems "ruban blanc" géants investiront 16 lieux du centre-ville, comme la place Verte ou le parc Reine Astrid, le Quai 10 et Rive gauche, la clinique Notre-Dame, le palais de justice ou l'hôtel de ville. Ils y resteront jusqu'à la clôture de la campagne, le 6 décembre. Ce sera aussi le cas des collages qui fleuriront sur des murs et façades de commerces, reprenant des témoignages bruts de viols.
Pour la quatrième fois, une action "chaussures rouges" évoquera les féminicides commis dans notre pays depuis 2017. "Nous exposerons pour l'occasion 208 paires, chacune commémorant un de ces crimes avec un code QR à scanner pour le rendre plus concret. Avec ma collègue Veronica Antonelli, coordinatrice adjointe de la plateforme, nous avons travaillé à l'élaboration d'un programme plus ambitieux que jamais, poursuit Gémaëlle Corsini. Nous avons le devoir de dénoncer les violences qui s'exercent au quotidien, parfois dans une intolérable indifférence. Les chiffres collectés sur ce phénomène n'empêchent pas le phénomène d'être encore constamment banalisé, minimisé".
Un spectacle, intitulé Marche salope, écrit et interprété par Céline Chariot, rendra visible cette résistance à la "culture du viol". Il reste des places pour la représentation du 30 novembre à 20h au Théâtre Poche. C'est gratuit. Réservations obligatoires à secretariat@maisonplurielle.be

