Côte-à-Côte: un lieu où des personnes handicapées peuvent développer leur autonomie
Côte-à-Côte a inauguré son bâtiment à Louvain-la-Neuve, là où des personnes handicapées peuvent développer leur autonomie.

- Publié le 22-10-2014 à 06h00

"C'est la possibilité d'avoir de l'aide tout en ayant le plus d'autonomie possible." En quelques mots, Real résume parfaitement le projet de l'ASBL Côte-à-Côte qui, hier, a inauguré officiellement son bâtiment situé au cœur de Louvain-la-Neuve.
Real est l'un des huit jeunes adultes handicapés qui vont occuper les lieux. Des lieux adaptés au handicap, des lieux d'un grand confort où, en plus, l'on a pris soin de diminuer au maximum l'impact sur l'environnement – ce qui a permis à l'ouvrage d'être un lauréat du concours BATEX ou bâtiment exemplaire de la Région Wallonne -.
En imaginant, voici dix ans déjà, cet habitat pour leurs enfants atteints d'infirmité motrice cérébrale (IMC), le groupe de parents a poussé bien des portes dont celle de l'innovation: "Un tel projet n'existe nulle part ailleurs, confirme Alice Baudine, administratrice générale de l'Awiph. Il ne rentre d'ailleurs pas dans les cases de l'Awiph. Mais c'est un projet qui correspond à notre contrat de gestion. On doit réfléchir à comment les aider dans le fonctionnement journalier. Il faut assurer sa pérennité car le projet doit servir de référence à d'autres."
Kot à Côte?
Le projet est construit autour de l'autonomie dont bénéficient ces jeunes adultes intellectuellement capables de gérer leur vie et leur participation à un projet de vie communautaire. L'aide que peuvent leur apporter les accompagnants dans les tâches de la vie quotidienne ainsi que le soutien à leur autonomie par le développement de leur projet personnel sont aussi essentiels dans ce projet soutenu notamment par la Province, la Commune et l'UCL.
"Petit à petit, les habitants vont prendre eux-mêmes en main la gestion de la maison, indique Dominique Blake, administratrice déléguée de l'ASBL. Aujourd'hui, le but, c'est aussi de se lancer dans d'autres projets. Pourquoi pas penser à organiser des tables d'hôtes? Pourquoi pas imaginer l'installation d'un kot à projet, le… Kot à Côte?"
Mais avant tout, il faut penser à la pérennité du projet. Pendant six ans, les parents ont remué ciel et terre pour rassembler les fonds nécessaires pour la construction du logement. "On a réuni 1 million d'euros grâce à l'organisation d'événements mais aussi aux dons ", glisse Francis Blake, le mari de Dominique, aussi connu dans les milieux économiques en tant que patron de la société Derbigum (Perwez). Un million d'euros, c'est un peu moins de 50% du coût du bâtiment qui se monte à 2,2 millions. Des avances de certaines familles, un prêt de la Fondation Delacroix et de la banque Triodos ont permis de financer le solde. "Des prêts qui vont être remboursés non pas par des loyers mais par des frais d'hébergement prélevés sur les allocations des habitants. En gros, si on enlève le coût de la participation à l'accompagnement, on est au prix d'un kot de l'UCL."
Restent les frais de fonctionnement engendrés par cet accompagnement: " Pour le moment, on a trois personnes qui les encadrent 5 jours sur 7, précise Dominique Blake. Il faut qu'on puisse aussi prolonger cet accompagnement durant le week-end. C'est à ce niveau qu'on attend le soutien de l'Awiph."
Et comme pour l'Awiph, il s'agit d'un projet-référence, Côte-à-Côte ne risque pas d'être oublié.
Près de 1?000?m2
Le bâtiment (950?m2?) compte: 5?chambres avec salle de bains pour des personnes présentant un handicap moteur sévère ; 2?chambres pour étudiants ; 3?studios supervisés pour des personnes présentant un handicap moteur moins sévère ; 2 appartements destinés à des accompagnants ; des espaces de vie communautaires ; 7?parkings et 5 emplacements pour voiturette ; et enfin divers locaux techniques.
www.coteacote.info.
