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Le conformisme «rebelle» de l’adolescence

Les adolescents oscillent souvent entre rébellion et conformisme. Un subtil mélange qui voyage entre le désir de marquer ses différences et celui de rester fidèle aux valeurs du groupe pour ne pas s’en faire exclure...

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Le conformisme «rebelle» de l’adolescence

"Le conformisme est le geôlier de la liberté et l’ennemi de la croissance" disait John F. Kennedy. Mais pour un adolescent, comment affirmer son identité et sa différence sans se faire éjecter du groupe, si important à ce moment de la vie?

Les difficultés rencontrées pour s’affirmer, à l’âge de la construction de la personnalité et des premiers émois amoureux, ne sont pas anodines. En effet, les jeunes ont toujours éprouvé des difficultés à trouver la bonne formule entre conformisme et anticonformisme.

Se sentir différent est par ailleurs souvent perçu comme un facteur de vulnérabilité.

Un sondage réalisé en France par l’Inserm avait d’ailleurs montré, il y a quelques années, que les trois quarts des 14-18 ans estimaient qu’il était positif "de chercher à se différencier des autres" tandis que près de deux tiers d’entre eux jugeaient dans le même temps qu’il "pouvait être dangereux d’être différent des autres". Une large majorité (81%) considéraient également que "ceux qui ne ressemblaient pas aux autres étaient discriminés". Le handicap et les origines sociales étant perçus comme les premiers facteurs de discrimination devant l’apparence physique et l’éducation.

Pourquoi les jeunes sont-ils conformistes?

Dans la plupart des cas, les ados succombent au conformisme pour être comme les autres. En effet, les jeunes sont très vulnérables aux pressions de leur groupe d’amis. Leur besoin d’appartenance est également important: ainsi, de nombreux adolescents suivent les idées du groupe juste pour être acceptés, même s’ils ne partagent pas la même opinion en privé.

Heureusement, cette attitude diminue avec le temps, au fur et à mesure de la construction de l’identité et de l’autonomie de l’individu.

Lorsqu’il est capable de penser et d’être lui-même, le jeune parvient également à résister à la pression de son groupe.

Le conformisme est aussi lié à un sentiment d’infériorité: en effet, certains jeunes pensent que les idées du groupe ont plus de valeur que les leurs et sont plus fiables. Pour cette raison, les adolescents ayant une faible estime de soi ont tendance à se conformer plus facilement que les autres. Dans un même ordre d’idée, un adolescent avec une bonne estime de soi sera moins conformiste et moins manipulable.

L’attachement insécurisé pendant l’enfance rend également l’adolescent plus enclin au conformisme. Enfin, parfois, cette pression du groupe n’est pas tout à fait réelle. Mais l’adolescent agit lui-même en fonction de ce qu’il pense qu’on attend de lui.

Comment se traduit le conformisme chez les ados?

Tout d’abord, par l’habillement (un grand classique à travers les âges), qu’il s’agisse de marques, de modèles de vêtements, de sacs etc. ou de technologies (portables, tablettes dernier cri...) Ce conformisme se traduit aussi par des activités semblables les unes aux autres... Sans oublier le langage, qui se modifie au fil des générations, mais demeure toujours une forme de "code" entre jeunes. La cigarette demeure elle aussi très conformiste. En effet, beaucoup de jeunes se mettent à fumer très tôt (vers l’âge de 14 ans environ) pour s’intégrer plus facilement aux autres et se sentir plus adultes. Malheureusement, ils ne se soucient pas des conséquences que cela peut provoquer sur leur santé.

Et l’anticonformisme dans tout ça?

Certains jeunes se rendent compte de ce conformisme généralisé et tentent de s’en différencier (ce que l’on appelle l’anticonformisme). Ils tentent alors de porter des vêtements d’un tout autre style, de s’adonner à des activités différentes etc. Si le jeune est sûr de lui et charismatique, il sera parfois copié. Son anticonformisme deviendra alors un nouveau conformisme...

Valéry, 16 ans, témoigne: "Je suis arrivé en costume trois-pièces, avec boutons de manchette et montre à gousset à la rentrée dernière, dans une nouvelle école. Ce n’était pas facile, mais c’est mon style, et j’ai tenu bon face aux regards et quolibets, qui n’ont duré qu’un temps. Je trouve cela important d’avoir le courage d’assumer sa personnalité", dit-il en dégainant un porte-cigarette d’époque. Anticonformiste, oui, mais point trop n’en faut...

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