Ce jeudi soir, Nagui ressuscite "Intervilles" sur France 2 : "Il y a une vraie attente pour un programme populaire, joyeux et fédérateur"
Événement télévisuel de l'été, "Intervilles" fait son grand retour sur France 2 à partir de ce 3 juillet 2025, avec Nagui aux commandes. Entre compétitions déjantées et ambiance bon enfant, l'émission culte s'offre une cure de jouvence… Sans vachettes, mais avec l'esprit de fête intact.
- Publié le 03-07-2025 à 06h59

C'est l'événement télévisuel de l'été. Intervilles fait son grand retour sur France 2 dès ce jeudi 3 juillet 2025, porté par Nagui. Quatre numéros sont prévus : trois joutes et une finale. Au programme : compétition, glissades, mascottes et une bonne dose de nostalgie… mais sans vachettes. La première émission oppose Beauvais à Coulanges-lès-Nevers.

Nagui, pourquoi avoir voulu relancer Intervilles ?
Il y a eu des sondages publiés en France, dans un quotidien en l'occurrence, qui demandaient : "Quelles sont les émissions que vous avez envie de revoir ?" La première, c'était C'est pas sorcier, et la deuxième, Intervilles. Comme je n'ai aucune capacité à remplacer Fred et Jamy, je me suis dit qu'Intervilles, ce serait plus facile (sourire). Et puis aucune émission ne fait ce qu'Intervilles fait, tout simplement. Donc, plutôt que d'inventer un ersatz, autant y aller franco.
Est-ce que ça a été compliqué de convaincre France Télévisions ?
Pas du tout. Le projet a été accueilli avec enthousiasme. La présidente Delphine Ernotte y croyait, la direction des programmes aussi. Tout le monde a vu qu'il y avait une envie. Et pas juste une nostalgie : une vraie attente pour un programme populaire, joyeux, fédérateur. L'envie était là, et le bon moment aussi.
C'est ça la France ! Deux maires qui vont comparer leurs villes, leurs résultats, parler du match de foot, éclater de rire, se taper dans la main, trinquer, s'amuser.
Ce divertissement lancé par Guy Lux et Claude Savarit dans les années 60 est devenu culte. Pourquoi, selon vous ?
Vous avez entendu lors de la conférence de presse : la bagarre entre les maires des villes participantes a déjà commencé. C'est ça la France ! Deux maires qui vont comparer leurs villes, leurs résultats, parler du match de foot, éclater de rire, se taper dans la main, trinquer, s'amuser. C'est cet esprit-là qui est important. Des valeurs proches du rugby : après le match, on s'embrasse, on se fait des hugs, on boit un coup, on chante. Intervilles doit être comme ça.
C'est pour ça que c'est culte ?
C'est culte parce que c'est quelque chose que l'on partage. On peut être heureux de goûter quelque chose, de voir un film ou une œuvre d'art… Mais si on le partage avec quelqu'un qu'on aime, ce bonheur-là reste mille fois plus fort. Ce partage, c'est la base d'Intervilles.
Camille et Valérie, ce sont deux copines qui connaissent les villes, les fêtes votives, les cocktails avec monsieur le maire… mais qui sont aussi des teignes dans le jeu.
Cet esprit de partage, on le sent aussi dans votre équipe : Bruno Guillon, Camille Cerf, Valérie Bègue, Yoann Riou, Magali Ripoll. Il y a une vraie alchimie…
C'est vrai, et je ne sais pas l'expliquer. Au départ, je me suis demandé qui pourrait avoir quel rôle. Bruno, pour moi, c'était une évidence : c'est le meilleur animateur de radio et de télé que je connaisse. Donc j'ai tout à gagner qu'il soit à mes côtés. Pour l'arbitre, je ne connaissais pas Yoann Riou personnellement, mais j'étais fan. J'ai chopé son numéro et je lui ai envoyé un message comme un gosse. Heureusement, L'Équipe TV a été classe et a accepté qu'il nous rejoigne. Comme commentateur et arbitre, il n'y a pas mieux. Camille et Valérie, ce sont deux copines qui connaissent les villes, les fêtes votives, les cocktails avec monsieur le maire… mais qui sont aussi des teignes dans le jeu. Et c'est ça qu'il fallait. Enfin, Magali le prouve chaque soir dans N'oubliez pas les paroles : il n'y a pas mieux pour mettre le feu au stade.
Vous avez passé du temps ensemble pour que l'alchimie prenne ?
Oui, on a fait pas mal de réunions pour répartir les rôles. On s'est vus souvent, on a partagé des moments de rires, de plaisir. Ce qui est important, c'est que chacun puisse vanner l'autre sans que ça vexe. Il faut se connaître pour accepter une vanne, pour faire de l'autodérision.
Depuis que vous avez annoncé le retour d'Intervilles en 2019, mais sans les vachettes, les critiques ne cessent pas… Vous n'en avez pas marre ?
Non ! La question des vachettes est légitime, car elle est très ancrée dans la mémoire collective. Mais elles n'intervenaient que sur deux épreuves, pas plus. Et ce n'était pas toujours drôle. Pour avoir animé l'émission il y a vingt ans, je peux vous dire qu'il y avait parfois un côté : "Bon, ce jeu-là, on met des vachettes ? Pourquoi ? Parce qu'il faut." À un moment, ça ne voulait plus rien dire…
Ce qui me dérange, c'est qu'on croit que j'en fais une affaire personnelle, une affaire de bobo branché woke.
Mais certains aspects vous agacent…
Ce qui me dérange, c'est qu'on croit que j'en fais une affaire personnelle, une affaire de bobo branché woke. Déjà, pour moi, ces mots ne sont pas des insultes. Être éveillé sur la cause animale, sur la parité, le racisme, l'antisémitisme, les problèmes de société, c'est normal. Ensuite, cette polémique a été lancée par un organisateur de fêtes taurines qui travaillait dans une mairie. Il a formé une sorte de lobby juste avant le vote d'une loi au Sénat sur l'accès des enfants aux corridas. Une fois la loi passée, silence radio. C'était fini.
Vous avez donc demandé à Zep de créer Topa, une mascotte dans laquelle se glisseront les candidats…
Exactement. Avant, il arrivait que les vachettes ratent une épreuve parce qu'elles tournaient en rond sans faire tomber les candidats. Là, je peux vous garantir que la nôtre, elle va y aller !
Que répondez-vous à ceux qui disent : "Intervilles sans les vachettes, ce n'est plus Intervilles" ?
Je leur réponds qu'Intervilles, c'est Intervilles, avec ou sans vachettes. Il y a déjà eu des époques sans. Il y a eu Interneige, Jeux sans frontières… et on s'amusait tout autant. Le cœur du jeu, c'est la compétition entre deux villes, les jeux débiles, les gamelles, les chutes, les ratés. C'est ça qui fait rire. Pas une vachette qui court après quelqu'un. En 2025, dans une émission familiale, on ne peut plus rire du stress ou de la peur d'un animal. Certains trouvent ça drôle, moi pas. Et on peut faire rire autrement.
On ne met pas les gens en compétition pour les humilier ou les juger. On les met en valeur, on les soutient, on les encourage.
Cette émission a pour but de rassembler toute la famille…
Complètement. Aujourd'hui, la télé propose beaucoup de formats très segmentés. Parfois, on oublie de rassembler. Intervilles, c'est un prétexte à faire la fête ensemble, à s'amuser sans cynisme, sans arrière-pensée. Juste pour le plaisir. Et surtout, c'est l'anti-téléréalité. On ne met pas les gens en compétition pour les humilier ou les juger. On les met en valeur, on les soutient, on les encourage. Même quand ils se plantent, on les applaudit.
Ce retour, c'est un one shot ou un vrai come-back ?
On verra. Franchement, je n'ai pas de plan à long terme. Quatre émissions sont prévues en juillet, et ce qui compte, c'est que les gens soient contents. Si ça marche, si on sent qu'il y a une envie de continuer, bien sûr qu'on sera partants. Mais pour l'instant, faisons bien cette nouvelle saison.
Coulanges, "le petit village gaulois"
Lors de la conférence de presse de présentation de cet Intervilles new-look début juin à Paris, les différents maires des villes participantes (les villes hôtes Beauvais, Gap et Wallers-Arenberg et leurs adversaires Coulanges-lès-Nevers, Bourgoin-Jallieu et Saint-Amand-les-Eaux) ont démontré qu'ils étaient impatients de s'affronter.
Ville de 4000 habitants située dans le département de la Nièvre, Coulanges-lès-Nevers est le petit Poucet de la compétition. "C'est nous le petit village gaulois, plaisante le maire Julien Jouhanneau. Pour financer notre participation, nous avons créé une association afin d'aller chercher du mécénat privé. Le supermarché local paye la moitié de la facture, qui est tout de même de 30 000 euros. On sera aussi subventionnés par l'agglomération de Nevers et par le département de la Nièvre. On va amener tout un territoire sur place !" Avec le secret espoir que cela donne envie ensuite à des touristes de faire le détour par Coulanges.
