Les secrets de la pyramide de Kheops
Depuis 4 500 ans, les pyramides de Gizeh fascinent. Comment ont-elles été édifiées? Peut-on encore y découvrir des chambres secrètes?
- Publié le 28-11-2017 à 06h00

Début novembre, des scientifiques du projet ScanPyramids ont révélé dans une étude la présence d'une cavité aussi grande qu'un avion de 200 places en plein cœur de la pyramide de Kheops, monument de 139 m de haut et 230 m de large sur le plateau de Guizeh, en banlieue du Caire.
Une annonce remise en doute par l'archéologue égyptien Zahi Hawass: "La pyramide est pleine de cavités mais cela ne veut pas dire qu'elles abritent des chambres secrètes ou qu'il s'agit d'une nouvelle découverte", assure l'archéologue à la tête du comité scientifique qui supervise le projet ScanPyramids. Pour le secrétaire général du comité gouvernemental des antiquités, Moustafa Waziri, "l'équipe scientifique n'aurait pas dû se précipiter […] et utiliser des termes promotionnels comme découverte ou cavité de la taille d'un avion."
Mais en quoi consiste ce fameux projet ScanPyramids? C'est ce que ce documentaire de France 5 propose de découvrir.
C'est en 2015 que cette ambitieuse mission scientifique est officiellement lancée. Sous l'égide du ministère égyptien des Antiquités, de la faculté d'ingénierie de l'université du Caire et de l'Institut français HIP, ce projet réunit une équipe internationale composée d'ingénieurs en infrarouge thermique, d'experts en modélisation 3D et de chercheurs en physique des particules. Ils sont égyptiens, français, japonais ou canadiens et ont tous le même objectif: sonder, à l'aide de technologies non invasives, le cœur de l'une des sept merveilles du monde antique, la pyramide de Kheops.
La structure interne de ce pharaonique édifice a été mise au jour par Al-Mamun, calife féru de sciences et de mystères, au IXe siècle. Depuis, mus par une légende figurant sur le papyrus Westcar datant de 1 700 avant J.-C. et conservé à Berlin, nombre d'explorateurs ont scruté et étudié sans relâche cette merveille architecturale. Sans succès.
"Il y a plein de théories sur les pyramides de l'Ancien Empire, souligne Mehdi Tayoubi, déjà confronté à la réalité du terrain lors la mission Djedi en 2010. À l'époque, je me suis demandé s'il n'existait pas d'autres techniques non issues du monde de l'égyptologie qui nous permettraient de voir à travers ces constructions sans y toucher."
Radiographie par muons
Grâce à la thermographie infrarouge, des experts français et québécois cherchent des différences de température qui peuvent trahir la présence de cavités sous la surface. Puis, trois équipes de physiciens venues de l'université de Nagoya au Japon, du KEK (High Energy Accelerator Research Organization) et du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) placent à l'intérieur et à l'extérieur de la pyramide des détecteurs de muons. Ces particules cosmiques qui traversent la matière permettent de détecter des différences de densité. La radiographie par muons, développée au Japon pour ausculter les volcans, a pour objectif de vérifier et de visualiser avec précision la présence de structures inconnues au sein de l'édifice. Ces scientifiques vont-ils découvrir ce que beaucoup cherchent depuis des siècles?
France 5, 20.55, La Une, 22.20
