Patrick Weber fait vivre les monarchies
Dans un livre au titre gentiment provocateur, Patrick Weber défend une institution qu'il passe en revue.
- Publié le 10-03-2009 à 06h00

Spécialiste des têtes couronnées, Patrick Weber dessine, dans Vive les rois !, le portrait des monarchies européennes, raconte leur histoire, précise leur importance, tout en s'intéressant aux autres royaumes en place dans le monde. Sans oublier de parler des rois en exil. Il détaille aussi les multiples protocoles, explique comment se comporter face aux altesses et propose même un quizz sur le thème "Pourriez-vous faire un bon monarque ?".
Pourquoi les monarchies continuent-elles à fasciner ?Dans un monde où priment la rapidité et l'instantané, nous avons besoin de durée, de continuité. Et, d'autre part, l'archétype royal est présent dans les jeux d'enfants, les dessins animés, les bandes dessinées, il est en chacun de nous.
Vous qualifieriez-vous de royaliste ?Oui, et ce n'est pas une position politique. Ca m'énerve d'entre dire que la monarchie est moins démocratique que la république. La Scandinavie, le Benelux, l'Espagne, l'Angleterre sont par exemple très en pointe sur certaines avancées sociales comme l'euthanasie, le mariage gay, la procréation assistée, autant de sujets qui provoquent des psychodrames en république, et principalement en France. Il me semble important d'avoir à la tête de l'État un symbole qui n'a pas énormément de pouvoir mais qui joue un rôle d'arbitre au-dessus des partis, sans avoir les mains dans le cambouis.
Mais le roi n'est pas élu ?Effectivement, et on peut même avoir un roi intelligent dont le fils est idiot. Mais cela ne porte pas trop à conséquence car nos monarchies constitutionnelles disposent de nombreux garde-fous. On reproche par exemple à Philippe de ne pas bien passer à la télé, de n'avoir pas de grandes facilités d'élocution. Cela ne signifie pas pour autant qu'il est le dernier des imbéciles. Mais, aujourd'hui, pour faire une carrière politique, il faut être une bête de médias. En monarchie, c'est moins le cas. Et puis quand tu es destiné à devenir roi, tu n'es pas amené à faire des compromissions ou des arrangements comme lors d'une élection. Il y a des plus et des moins des deux côtés mais je trouve que notre système ne fonctionne pas si mal que ça.
La monarchie ne coûte-t-elle pas cher ?Je ne crois pas même s'il est très difficile de savoir précisément combien elle coûte. N'oublions pas que c'est sur la cassette du roi que sont payés ceux qui sont à son service, et qui le seraient de toute façon même s'il s'agissait d'un président. La monarchie coûte plutôt moins cher que la république, d'autant plus qu'il n'y a pas d'élection.
Mais il est aujourd'hui question de la suppression des dotations de Laurent et d'Astrid et de la baisse de celle de Fabiola.La monarchie est un système humain qui évolue avec le temps et il est normal que la question des dotations soit posée. On en est d'ailleurs conscient au palais.
Les rois, à quoi servent-ils en définitive ?Voyageant régulièrement avec le roi et la reine, je me rends compte qu'ils ouvrent pas mal de portes. D'autant plus pour un petit pays comme la Belgique. Leur fonction symbolique reste importante. Les rois sont aujourd'hui bien plus ancrés dans leur époque qu'avant, les princes ne sont par exemple plus obligés d'épouser des princesses, etc. Et ils ont souvent pour eux l'antériorité.
Patrick Weber, "Vive les rois !", JC Lattès, 237 p., 16 €
