Le (vrai) début de la fin ?
Si ceux-ci s'étaient faits plus rares depuis quelque temps, les Comités de concertation – ou "Codeco" – ont donc repris de la vigueur ces dernières semaines.
- Publié le 18-11-2021 à 06h06

Mais comment expliquer que, plus de vingt mois après le début de la crise, nous en sommes toujours à revivre inlassablement les mêmes scénarios? Les mesures ne sont certes plus aussi fortes que par le passé. Parce que les outils dont nous disposons aujourd'hui pour lutter ont, eux, été renforcés. Mais pourquoi, alors, avons-nous ce sentiment d'éternel recommencement? Ce goût bizarre dans la bouche qui nous fait cracher l'idée que, presque deux ans plus tard, nous en sommes toujours réduits à devoir réagir dans l'urgence, et face à une situation finalement fort différente de celle de mars 2020 mais présentée comme toujours aussi catastrophique?
"Aujourd'hui, nous avons un virus qui est trois fois plus contagieux que le virus de l'année dernière", entend-on à gauche pour justifier le renforcement des mesures. "C'est un retour aux fondamentaux" ou "On doit revenir à la culture du port du masque", lâche-t-on à droite pour expliquer le fait que l'on reprenne ainsi la bride en main.
Rien n'aurait donc véritablement changé? Heureusement, si. Dans sa grande majorité, la population s'est adaptée. Après tout, les gens ne courent plus dans les rayons de grandes surfaces entasser des rouleaux de papier toilette dans leur caddie. Certains parce qu'ils sont vaccinés; d'autres parce que ce virus, en définitive, ne les atteint pas. Ou plus. Les uns comme les autres ont fini par s'habituer à la présence du Covid, par vivre avec. Ou plutôt, à survivre avec. Car à y regarder de plus près, notre société a profondément évolué en un peu plus de vingt mois. Elle s'est morcelée, elle s'est également sclérosée à mesure qu'elle s'est repliée sur elle-même. Mais une chose en entraînant une autre, elle semble aussi avoir fini par titiller l'intransigeance de certains politiques sur la manière de gérer cette crise. Le refus d'étendre le masque obligatoire aux moins de 12 ans en école en est la preuve: pour une fois, la santé mentale – cet indicateur si flou de l'épidémie – semble s'être retrouvée sur un pied d'égalité avec le nombre d'infections ou d'hospitalisations au moment d'acter les nouvelles décisions. Comme si l'avenir comptait, enfin, au moins autant que le présent. Le (vrai) début de la fin?
