Un laboratoire de la marche au CHM, une première en Wallonie
Le CHM s'est doté d'un laboratoire interactif d'analyse en temps réel de la marche. Un outil également précieux pour la rééducation.

- Publié le 22-02-2021 à 06h00

C'est aux États-Unis, dans un hôpital de Philadelphie que le docteur Jaime Horta, spécialiste en médecine physique et réadaptation, a découvert cette haute technologie qu'est le laboratoire virtuel pour l'analyse de la marche et la rééducation. Avec le soutien de la direction du CHM, le médecin et toute son équipe du service de Médecine Physique et Réadaptation pourront désormais mettre ce dispositif au profit de leurs patients atteints d'un problème locomoteur.
Une première en Wallonie
Le centre hospitalier de Mouscron est le premier hôpital de Wallonie, et le deuxième de Belgique à s'être équipé d'une solution aussi performante: le laboratoire interactif d'analyse en temps réel de la marche. "Généralement, l'analyse fonctionnelle de la marche est effectuée grâce à l'expertise visuelle, relève le docteur Horta. Certes, cela nous permet de déjà observer pas mal d'éléments, mais tout n'est pas nécessairement visible à l'œil. Il existe des tapis d'analyse de la marche mais leurs capteurs ne sont pas les plus sensibles, et donc les données n'étaient pas très faciles à enregistrer et ensuite à analyser… Dans un souci d'améliorer la prise en charge des patients, les médecins sont toujours à la recherche des dernières technologies et l'hôpital a accepté de prendre en charge ce lourd investissement pour cette machine."
Complémentaire au diagnostic
Dans cette nouvelle salle ultra-équipée, les équipes médicales pourront analyser de façon plus précise la motricité des membres inférieurs qui peut être perturbée au niveau de la mobilité ou de l'équilibre par une grande variété d'affections d'origine neurologique, musculaire ou encore articulaire. "Ce dispositif est un outil complémentaire à l'examen clinique et au diagnostic, précise le docteur Isabelle Walther, également spécialiste en médecine physique et réadaptation. Sur base des "anomalies" relevées par cet ensemble technologique, on peut mieux affiner, orienter et adapter le traitement qui va suivre ou qui est en cours."
Ce laboratoire "nouvelle génération" est composé d'un tapis roulant mobile, d'un système de capture de mouvements combiné à des caméras vidéos et un écran semi-cylindrinque sur lequel sont projetés des décors en réalité virtuelle. "Nous disposons plus d'une vingtaine de capteurs au niveau des membres inférieurs du patient, signale le docteur Horta. Certains capteurs permettent d'analyser le mouvement et la mobilité tandis que d'autres analysent le travail musculaire. Toutes les données sont ensuite regroupées dans un programme informatique qui nous permet de comparer de nombreux paramètres, ceux du patient et ceux que l'on considère dans la norme. Le programme nous donne aussi la possibilité de reconstituer la marche du patient en 3D. Là aussi cela nous permet de plus facilement mettre le doigt sur ce qu'il faut traiter car de nombreux élément interviennent dans la marche et peuvent entraîner des anomalies."
Ce laboratoire est destiné tant aux patients ambulatoires qu'aux patients hospitalisés.
