DÉFENSE

La frégate Léopold 1 part escorter le porte-avions Charles de Gaulle jusque dans le Golfe

La frégate Léopold 1 part escorter le porte-avions Charles de Gaulle jusque dans le Golfe

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La frégate Léopold 1 de la Marine et son équipage - jeune et très féminin - de 165 personnes appareillent, en principe lundi, pour une mission d’escorte de quatre mois du porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle qui la conduira jusque dans le Golfe persique.

Cette mission - entourée de discrétion du côté belge - constitue, mais dans une zone géographique bien différente, une répétition de celle menée l’an dernier. Elle avait toutefois été interrompue à la mi-mars par la pandémie de coronavirus et la contamination de nombreux marins tant à bord du Charles de Gaulle que du Léopold 1 après une escale à Brest (ouest de la France). Après une quarantaine, 65% de l’équipage s’étaient avérés être porteurs du virus, a récemment révélé la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS).

La frégate part avec un équipage qui a été placé en isolement pendant deux semaines, jusqu’au 7 février, date à laquelle il a embarqué à bord et travaille «en bulles», a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense à l’agence Belga.

Le Charles de Gaulle doit pour sa part appareiller la semaine prochaine de Toulon (sud de la France) pour cette mission baptisée Clemenceau 2021 avec un équipage totalement vacciné - ce qui a entraîné un report de son départ d’une semaine, selon le site spécialisé Mer et Marine.

Selon la Défense, une équipe médicale est prévue à bord du Léopold et des test kits Covid sont également embarqués.

La frégate embarque au total 165 personnes, dont quinze femmes. L’équipage comprend beaucoup de jeunes marins, selon une proportion de 70% de jeunes et de 30% de «plus expérimentés», selon l’état-major de la Défense.

La frégate gagnera d’abord Toulon pour rejoindre les autres bâtiments de la Task Force 473, placée sous le commandement du contre-amiral Marc Aussedat. Ce groupe aéronaval (GAN) sera composé du Charles de Gaulle et de son groupe aérien embarqué - avions de combat Rafale, appareils de détection radar E-2C Hawkeye et hélicoptères -, de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, la frégate multi-missions Provence et du bâtiment de commandement et de ravitaillement Var. Il sera épaulé par un sous-marin nucléaire d’attaque et un avion de patrouille maritime Atlantique 2.

Doivent s’y ajouter, selon Paris, des bâtiments étrangers, dont, pour le début de la mission, le destroyer américain USS Porter, ainsi que les frégates belge Léopold I et grecque Hydra. Le groupe aéronaval évoluera en Méditerranée, en mer Rouge, dans le nord de l’océan Indien et dans le golfe arabo-persique. Il participera notamment à l’opération Chammal, le volet français de l’opération Inherent Resolve (OIR) dirigée par les Etats-Unis pour combattre le groupe terroriste Etat islamique (EI, ou Daech selon son acronyme arabe).

Selon la Défense, cette mission représente «une opportunité exceptionnelle» pour un équipage très jeune de s’entraîner dans le cadre du «High End Warfare» (le spectre haut des opérations militaires), au sein d’une task force multinationale. Un marin belge sera détaché comme officier de liaison à bord du porte-avions et un autre travaillera pour l’état-major français.

A Bruxelles, on souligne que cette mission est «en cohérence avec la note de politique générale de la ministre» de la Défense, Ludivine Dedonder, et se déroule dans des zones sur lesquelles l’accent y est mis: la Méditerranée et le Moyen-Orient.

Elle intervient dans un climat de tensions entre la Belgique et l’Iran, après la condamnation à 20 ans de prison le 4 février d’un diplomate iranien, Assadollah Assadi, par le tribunal correctionnel d’Anvers, pour avoir projeté en 2018 un attentat en France contre un rassemblement d’opposants à la République islamique.

La mission Clemenceau 21 doit s’achever avec le retour du GAN à Toulon en juin.

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