Quelles leçons tirer de la première vague?
Augmentation de leur capacité, report des soins non urgents…: les hôpitaux ont dû s'adapter en un temps record pour faire face à la première vague de la pandémie. Le KCE en a tiré leçons et recommandations.

- Publié le 18-12-2020 à 12h38

Le centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) a analysé la gestion de la capacité hospitalière par les autorités et les hôpitaux durant la première vague du Covid-19, " Globalement, tout le monde a fait de son mieux, autant le comité "Hospital & Transport Surge Capacity" (HTSC), créé dans l'urgence, que les hôpitaux et le personnel médical même s'il y a des points à améliorer", résume Mélanie Lefèvre, chercheur au KCE.
1.Comité HTSC
Formé au début mars, ce comité Hospital & Transport Surge Capacity est chargé d'élaborer des mesures et des directives relatives à la "capacité de pointe" des hôpitaux et le transport des patients. Ces mesures sont soumises au Risk Managment Group. Le KCE a évalué le fonctionnement du comité et les mesures qu'il a proposées, ainsi que la réponse des hôpitaux à ces mesures. L'appréciation est globalement positive puisque le KCE préconise "son maintien en tant qu'organe consultatif permanent, pouvant être mobilisé en cas de nouvelle crise nécessitant une capacité hospitalière supplémentaire".
2.Hôpitaux bien préparés
S'ils ont pu gérer l'afflux massif de patients Covid, c'est parce que la plupart des hôpitaux s'étaient dotés d'un plan d'urgence hospitalier (PUH), même si la majorité d'entre eux n'ont pas encore été approuvés par les autorités. Le PUH décrit les procédures destinées à faire face de façon efficiente à un accroissement subit de patients. Un bémol: le PUH ne contient pas de volet spécifique aux situations épidémiques, une lacune à combler estime le KCE.
3.Manque criant de données
Pour gérer correctement la capacité hospitalière, il est indispensable de disposer de données adéquates sur la capacité des hôpitaux et l'utilisation des lits. C'était loin d'être le cas quand la première vague a déferlé! Impossible pour le comité HTSC de connaître le nombre exact de lits de soins intensifs ou le personnel hospitalier disponibles. "Tout cela a compliqué l'interprétation de la capacité et de l'occupation des lits et a nécessité des ajustements répétés dans les enquêtes et la communication vers les hôpitaux", pointe le KCE. Autre problème: l'absence de suivi en temps réel de la capacité des soins intensifs et du nombre de patients y hospitalisés. Les systèmes de données mis en place par Sciensano au début de la crise ont apporté des réponses à de nombreuses questions pertinentes sur le plan clinique, politique, et de la recherche. Le KCE préconise la mise sur pied d'un système national de collecte de données pour les soins intensifs, capable de fournir une image précise en temps réel des capacités disponibles (lits, équipement, personnel), des caractéristiques des patients et des résultats obtenus.
4. Et de personnel infirmier
On a des hôpitaux, des lits mais peu d'infirmiers au chevet des malades. C'est le gros point d'achoppement de la 1re comme de la 2 vague. "Le personnel infirmier est la composante-clé pour pouvoir augmenter la capacité hospitalière notamment celle des services de soins intensifs, affirme Mélanie Lefèvre. La plupart des hôpitaux ont dû gérer le déploiement de personnel supplémentaire, mettre en place des formations... Nous recommandons que les budgets dégagés soient effectivement utilisés sur le terrain notamment pour diminuer le nombre de patients par infirmier".
