Malgré un chiffre d'affaires de 18 milliards depuis janvier, Danone annonce la suppression de 1500 à 2000 emplois
Le géant agroalimentaire français Danone, dont les ventes sont malmenées par la pandémie de Covid-19, annonce lundi vouloir supprimer jusqu'à 2.000 postes dans ses sièges en France et à l'étranger afin de "simplifier" son organisation et renouer avec la croissance. L'impact en Belgique n'est pas encore connu.
- Publié le 23-11-2020 à 08h27
- Mis à jour le 23-11-2020 à 14h57

"Sur la France, ce sera 400 à 500 personnes", "essentiellement des directeurs, des managers", qui seront concernées par ces suppressions de postes, a précisé le PDG de Danone Emmanuel Faber.
Dans cette multinationale comptant 100.000 salariés, les baisses d'effectifs concerneront "toutes les structures d'équipes communes qui sont au-dessus des pays", comme "nos sièges à Amsterdam, à Singapour, à Paris", a-t-il détaillé.
Danone envisage aussi le "rapprochement" du siège mondial, situé à Paris, de celui dédié aux activités françaises, à Rueil-Malmaison, en région parisienne.
Le plan, appelé "Local First", a pour objectif de "redonner du pouvoir à l'échelon local", aux pays dans lesquels Danone opère.
Interrogée, la filiale belge dit ne pas (encore) pouvoir préciser s'il y aura un impact en Belgique, où Danone possède notamment une usine à Rotselaar (Brabant flamand). "Il se fera surtout sentir dans les différents sièges", peut déjà indiquer Ann De Jaeger, responsable de la communication. Elle rappelle que le groupe a récemment réinvesti dans ses infrastructures brabançonnes.
Danone Belgique emploie environ 600 personnes, dont 450 à Rotselaar et 150 au siège administratif situé dans le centre commercial Docks de Bruxelles. S'y rajoutent environ un millier pour la division Alpro.
Le groupe attend de ces suppressions d'emplois "une baisse de ses frais généraux et d'administration de 700 millions d'euros, représentant environ 20% des coûts de structure de l'entreprise", est-il rapporté dans un communiqué.
Danone mise parallèlement sur de "nouvelles sources de productivité industrielles permettant de réduire de 300 millions d'euros le coût des produits vendus", est-il ajouté.
Il s'agit notamment d'"accélérer la digitalisation", la robotisation des usines, a déclaré M. Faber, en passant d'une "demi-douzaine d'usines fortement digitalisées" à 40 en 2023.
Au total, le groupe vise donc un milliard d'euros d'économies d'ici à 2023.
"Ce plan a pour objectif de remettre Danone sur le chemin de la croissance rentable qui était celui qu'elle a toujours connu", a fait valoir M. Faber.
Il s'agit de se "reconnecter à notre objectif de croissance le plus vite possible, qui est de 3 à 5% de croissance annuelle rentable - c'est-à-dire en améliorant notre marge", a-t-il ajouté.
Sur les neuf mois premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires du groupe a reculé de 5,4%, à 18 milliards d'euros. La crise sanitaire pénalise particulièrement les ventes d'eaux en bouteille (-20,5%), avec son cortège de restaurants et bars fermés.
