L'ascenseur émotionnel de Roglic, lauréat de la Vuelta
Le Slovène a remporté son deuxième Tour d'Espagne et pris une revanche sur sa désillusion du Tour de France.
- Publié le 08-11-2020 à 19h05

"La chute n'est pas un échec. L'échec, c'est de rester là où on est tombé". Socrate a exprimé ses mots, Primoz Roglic les a illustrés de la meilleure des manières sur les routes de la Vuelta, après le cauchemar vécu au Tour de France.
Sur le moment, lorsqu'un sportif vit un tel événement, il est humain d'être traversé par des émotions négatives, qu'il s'agisse de la colère, la tristesse voire la déception, de s'apitoyer sur son sort. Si on parvient à tirer les enseignements de sa chute et se remettre en question, elle n'est plus un échec mais bien une source d'apprentissage. Le Slovène en est l'exemple. La caméra orientée sur son visage désabusé une fois la ligne franchie, au sommet de la Planche des Belles Filles, ce jour-là, Roglic a vécu le moment le plus noir de sa carrière. S'il aurait légitimement pu connaître une crise de confiance importante, le grimpeur de Jumbo-Visma a choisi de repartir de l'avant. Son retour au sommet s'est effectué en quatre étapes.
04/10: jusqu'au-boutisme
Pour retrouver la confiance perdue, rien de tel qu'un succès. Considéré comme un outsider, une semaine après sa sixième place aux Mondiaux, Roglic remporte Liège-Bastogne-Liège. La victoire est d'autant plus savoureuse qu'il parvient à s'imposer grâce à son jusqu'au-boutisme, coiffant in extremis Julian Alaphilippe, trop serein à cet instant. "Après ma déception du Tour, je suis tout de suite passé à autre chose", déclarait-il au soir de son succès sur la Doyenne.
20/10: assurance
Regonflé à bloc, le champion de Slovénie débarque dans le Pays basque sans se mettre de pression inutile dans la défense de son titre à la Vuelta. Avant le début de l'épreuve, difficile de dire qui endossera le statut de leader entre Tom Dumoulin et lui. D'emblée, le tenant du titre met les choses au point devant les autres favoris, dont Richard Carapaz. S'il perdra sa tunique rouge quelques jours plus tard, l'ancien champion de saut à ski restera quiet.
03/11: revanche
Tiens, tiens, un chrono… Moins de deux mois après le fiasco de la Planche au profit de son compatriote Tadej Pogacar, Roglic se retrouve sur la rampe de lancement dans un contre-la-montre individuel assez semblable d'un point de vue profil à celui du Tour. Dans son duel avec Carapaz, alors leader du classement général, l'homme de 31 ans, réussit à faire vaciller l'Équatorien et empoche le succès, après une démonstration de force. Cette fois, la page de la Grande Boucle 2020 est définitivement tournée.
08/11: soulagement
La perte de terrain dans l'Angliru, une semaine plus tôt, laissait imaginer que Roglic pouvait se retrouver en difficulté si ses adversaires directs tentaient de le faire plier. Carapaz est parvenu à grappiller une vingtaine de secondes lors du dernier rendez-vous des hommes forts, à l'Alto de la Covatilla, sans arriver à ses fins. Et au final, le poing serré, un cri de joie et un large sourire pour Roglic au moment de franchir la ligne dans la peau du lauréat de cette édition. "Je savais que j'avais les jambes et le mental pour tenir et j'espérais que cela suffirait. Je n'ai pas douté. Je n'ai pas les mots. Je suis très heureux et c'est une belle manière de terminer l'année."
