Coronavirus: quand le télétravail fait les affaires des Belges… et des marques
À nouveau rendu obligatoire par les autorités, le télétravail pousse les Belges à s'équiper. Ce qui fait aussi les affaires des professionnels de l'ergonomie et du numérique à domicile.

- Publié le 27-10-2020 à 12h00

Face à la recrudescence du nouveau coronavirus, nombreux sont les Belges qui bossent à nouveau de chez eux. Loin des 17% de salariés qui télétravaillaient au moins un jour par semaine avant la première vague, ils devraient ainsi être près de 40% à reprendre du collier depuis leur domicile, comme ce fut le cas entre mars et mai. De quoi les pousser à s'équiper en conséquence… et donner toujours plus le sourire aux professionnels chargés de faciliter le travail des particuliers.
Très présente en Belgique, la marque devolo, spécialisée dans l'amélioration des réseaux domestiques, fait partie de ses entreprises qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu durant cette crise sanitaire.
Alors que le trafic internet a augmenté de 30% depuis le début de la pandémie et qu'il reste très élevé par rapport à la moyenne des années précédentes, l'entreprise basée à la frontière belgo-allemande voit ses adaptateurs CPL (qui amplifient le réseau WiFi d'une maison sans tirer de câbles, en utilisant le courant électrique des prises traditionnelles) partir comme des petits pains.
"De nouveaux publics"
"En Belgique, depuis mars, nous vendons énormément de kits d'adaptateurs, comme le "WiFi next multiroom", souligne devolo. Sans doute que les travailleurs se sont rendu compte qu'ils avaient besoin d'un réseau encore plus efficace et rapide pour enchaîner les appels vidéo et les téléchargements. Et puis, il y aussi les particuliers qui étendent leur réseau existant parce qu'ils sont plus nombreux à travailler ou étudier depuis leur maison."
Persuadée que "le Covid-19 va révolutionner le télétravail et faire émerger de nouveaux besoins", l'entreprise Poly a également constaté "une explosion de la demande pour l'expertise audio et les solutions vidéo". Du casque à réduction de bruit aux stations d'accueil pour téléphone mobile, les particuliers n'hésitent désormais plus à s'équiper de façon professionnelle.

"Nous travaillons habituellement avec les banques, les compagnies d'assurances, les administrations nationales, les sociétés pharmaceutiques et les services aux entreprises (comptabilité, droit, etc.). Mais aujourd'hui, en raison de la crise, nous touchons de nouveaux publics moins habitués au télétravail, détaille Sebastiaan Hoogstadt, directeur des ventes de Poly pour le Benelux. Et nous recevons même des demandes de clients tels que les écoles, par exemple."
Désormais disposés à dépenser plusieurs centaines d'euros pour s'offrir un espace de travail personnel qui répond à leur besoin, les télétravailleurs belges sont même parfois devenus la principale clientèle de sociétés autrefois plébiscitées majoritairement par de grosses entreprises. Exemple à Bruxelles avec CEKA Belgium, active depuis 25 ans dans le secteur du conseil en aménagement d'espace de travail.
Perspectives d'avenir
"Depuis la crise, la vente aux particuliers représente plus ou moins 70% de notre chiffre d'affaires contre 15% avant le mois de mars." Commercial chez CEKA, Alexandre Lacroix a vu son travail se transformer au fil des mois. "Malgré le fait que nous proposons des solutions aux télétravailleurs depuis quelques années, 2020 nous a forcés à nous diversifier encore plus rapidement. Comme il n'y a presque plus de boîtes qui se lancent dans de grands projets d'aménagement, nous nous sommes concentrés sur le conseil aux privés. On les aiguille sur le type de chaise ou de bureau dont ils ont besoin pour mieux travailler. Au final, bien qu'on travaille plus pour obtenir un chiffre d'affaires similaire, on rend plus de gens heureux. Ce qui est aussi très satisfaisant."
Devenu quasiment la norme en 2020, le télétravail, qui séduit toujours plus de Belges (**), ouvre même de nouvelles perspectives pour les professionnels de l'ergonomie et du numérique à domicile. À l'image de devolo qui s'attend à "une demande encore plus forte dans les mois à venir" ou de Poly qui prévoit de lancer de nouvelles technologies (pour les casques notamment) dans un futur proche.