Murillo, de l'attaque à la défense
L'arrière droit panaméen (24 ans) s'est imposé chez les Mauves, à un poste qu'il a découvert tardivement.
- Publié le 16-10-2020 à 07h44

Au Panama, Amir Murillo aurait pu jouer au base-ball, sport populaire, mais trop ennuyeux. Sa seule passion, depuis qu'il a six ans, c'est le football. Et il a tout fait, et même un peu plus, pour arriver où il en est. "Gamin, j'habitais loin du stade, et je devais prendre de nombreux transports en commun, très tôt, pour aller jouer."
Faire des efforts, ne compter que sur soi. C'est une des explications de la mentalité de Murillo, un battant qui n'abandonne jamais. Le joueur de 24 ans n'a pas eu une enfance facile, entre pauvreté et abandon paternel. "Ma mère s'est occupée de nous, pour tout, et c'est aussi pour elle que je voulais réussir dans le foot." Une réussite qui lui a permis de lui rendre ce qu'elle a donné. "Je lui ai acheté une maison ", glisse-t-il.
Ces derniers jours, il aurait aimé retourner au pays, pour voir les siens, mais le sélectionneur du Panama a préféré convoquer des joueurs locaux, pour éviter les voyages. "Cela fait presque un an que je n'ai pas vu ma famille, souffle Murillo. C'est une situation très compliquée. J'espère que dans quelques mois ou l'année prochaine, je pourrai les voir."
Le coronavirus a bousculé le quotidien de tout le monde, surtout les expatriés comme lui. L'arrière droit panaméen se réfugie alors dans le travail, pour avancer et poursuivre sa progression. Il passe aussi du temps avec Kemar Lawrence, l'arrière gauche jamaïcain qui a été son équipier à New York, avant de le rejoindre à Anderlecht. "Je l'ai soutenu du mieux que j'ai pu dans les moments difficiles qu'il a traversé (NDLR: pour des raisons privées, Lawrence était retourné en Jamaïque, et n'est rentré en Belgique que fin septembre). Je le considère comme mon frère, car il a été présent, à mes débuts à New York, pour m'aider."
Quand il a débarqué à Big Apple, au début de l'année 2017, Murillo ne parlait pas bien anglais, "et les deux ou trois premiers mois ont été compliqués". Mais il a reçu l'aide de Lawrence, et s'en est remis à son travail, pour faire sa place dans l'effectif new-yorkais et devenir un des meilleurs arrières latéraux de MLS, avec une sélection pour le All-Star Game 2018.
La trajectoire de Murillo, de Panama à New York pour enfin débarquer à Bruxelles, est à l'image de son positionnement, au fil des années, sur le terrain. Varié. "J'ai commencé comme attaquant, puis on m'a replacé comme numéro 10, sourit-il. C'est en sélection des moins de 20 ans que je suis devenu un arrière latéral. " Avec une certaine réussite.

