L'exploitation du gaz de mine se précise au sud de Charleroi
Le gaz de mine devrait être bientôt capté et utilisé au sud de Charleroi. Gazonor a introduit une demande de permis. Six sites au total sont concernés.
- Publié le 02-10-2020 à 00h00

Le sous-sol houiller de la région carolorégienne devrait, à nouveau, fournir de l'énergie, plus verte que noire cette fois. La société Gazonor Benelux, dont la maison mère est française, a en effet lancé la procédure pour lui permettre d'exploiter le gaz de mine contenu dans les galeries d'anciens charbonnages s'étendant entre Fontaine-l'Évêque, Bouffioulx et Joncret, d'une part, et entre Charleroi, Bomerée et Marcinelle.
Gazonor n'en est pas à sa première exploitation du genre dans la région carolo. Depuis 2018, elle capte le gaz contenu dans les galeries de mine du côté d'Anderlues. Mais une bonne partie du sous-sol de l'ex-Pays noir regorge de méthane: "On a estimé qu'il y a un volume suffisant pour produire de l'électricité et de la chaleur pour 100 000 habitants pendant 25 ans, à partir des trois anciens puits de mine que nous visons: Fiestaux (Couillet), Cerisier (Marcinelle) et Bas long Pré (Marchienne)", indique Romain Chenillot, géologue chez Gazonor.
Aucun forage
L'exploitation est non seulement intéressante financièrement, mais elle l'est aussi au plan environnemental, avance le géologue. "L'eau qui, naturellement, envahit de plus en plus les galeries crée une surpression du gaz qui finit par s'échapper dans l'atmosphère." Et qui pollue: "Le méthane a un impact sur le réchauffement climatique que le CO2." Mieux vaut alors le brûler.
Romain Chenillot se veut aussi rassurant quant à l'exploitation: "Elle ne nécessite aucun forage, le gaz est juste capté des galeries. On évite, de plus, la surpression et le sol reste stable." Les installations sont, par conséquent, peu importantes et consistent en une unité de cogénération.
"À Anderlues, elles ont des dimensions de 20 mètres sur 20." Qui, dans ce cas, ne nécessitent pas de mesures particulières contre les nuisances sonores. "Il est aussi possible que le gaz soit, en partie, injecté dans le réseau ou qu'il soit utilisé par une entreprise", complète Yann Fouant, directeur de projet.
Sur le long terme, Gazonor rassure tout autant. "En 25 ans d'exploitation dans le nord de la France, entre Lens et Valenciennes, il n'y a pas eu d'impact sur la structure des sols. Pour Anderlues, les autorités wallonnes imposent un suivi annuel des mouvements de sol, réalisé par satellite. Rien de particulier n'a été observé."
Deux permis
Depuis la mi-septembre, la société a lancé la première étape de la procédure visant cette exploitation. "Elle consiste à en obtenir l'exclusivité de la zone", résume Romain Chenillot. Pour cela, le demandeur a dû organiser une réunion préalable d'information du public qui s'est faite par vidéo, mesures Covid-19 obligent. Cette étape s'achèvera ce 3 octobre. "La population peut ainsi faire part de ses observations sur le projet. Jusqu'à présent, c'est très calme." Viendra ensuite la procédure de demande de permis unique. Comme la première partie, elle concernera les territoires des communes de Charleroi, Châtelet, Courcelles, Fontaine-l'Évêque, Gerpinnes et Montigny-le-Tilleul.
Selon le directeur de projet, la première installation pourrait voir le jour, au plus tôt, fin 2021.

