Les États-Unis à "l'offensive" en Europe
Londres, Copenhague, Bruxelles: la diplomatie états-unienne s'efforce de resserrer les liens avec l'Europe.
- Publié le 24-07-2020 à 06h00

Le secrétaire d'État Mike Pompeo est reparti dès mercredi pour les États-Unis, où il était attendu en Californie pour un discours sur la Chine. Il n'aura pas dû chercher bien loin l'inspiration: à Londres, et à Copenhague, où il était passé ces lundi et mardi, la Chine était un des thèmes de discussion.
Elle l'a encore été ce jeudi, quand l'ambassadeur Phil Reeker, en charge du Bureau des Affaires européennes et eurasiennes au secrétariat d'État a rencontré ses interlocuteurs belges. Le diplomate en reparlera ce vendredi avec ses partenaires européens.
"Nous voulons relancer le dialogue entre l'Europe et les États-Unis à propos de la Chine, explique-t-il. Cette visite est l'occasion d'en parler de vive voix, même si nous avons beaucoup échangé par les divers canaux de communication ces derniers temps".
Les thèmes de discussion sont tout trouvés: Hong Kong, les droits de l'homme, et la 5G.
Préoccupation sécuritaire
"La sécurité est notre préoccupation cardinale, insiste Phil Reeker. Nous ne voulons pas que le Parti communiste chinois obtienne l'accès aux données privées de l'ensemble de nos concitoyens".
La réflexion, générale, s'adresse en particulier au gouvernement italien, qui se prépare à attribuer le marché.
Huawei, récemment banni du Royaume-Uni, est en lice, "mais nous sommes sûrs que le choix opéré sera le meilleur, tenant compte de cet impératif de sécurité".
Mais les États-Unis ne veulent-ils pas ainsi entraîner les Européens dans leur conflit avec les Chinois, qui a pris une tournure plus aiguë, avant-hier, avec la fermeture du consulat de la République populaire à Houston, et l'expulsion des diplomates qui y étaient affectés? "Si la communauté transatlantique parle d'une seule voix, elle pourra faire comprendre à la Chine qu'elle peut faire partie de la communauté mondiale, à condition de modifier son comportement", assure Phil Reeker.
Des restrictions à lever
La reprise de contact entre Européens et Américains permet aussi de passer en revue des dossiers en suspens.
À Copenhague, Mike Pompeo a parlé sécurité dans l'Arctique, et évoqué les îles Féroé et le Groenland dans ce contexte.
Les tensions créées par les forages opérés par la Turquie au large de Chypre inquiètent: "Grèce et Turquie sont nos alliés et nos amis. Nos ambassades à Athènes et Ankara s'efforcent de favoriser la coopération".
Reste la levée des restrictions aux vols transatlantiques, réclamées avec insistance par les grandes compagnies européennes.
"On a déjà levé certaines restrictions pour les vols d'affaires. Nous allons envisager comment les élargir, en fonction des impératifs de la pandémie", annonce prudemment l'ambassadeur.
