Deux ans avec sursis pour un ancien gardien de camp nazi
Le tribunal de Hambourg a condamné ce jeudi à deux ans de prison avec sursis Bruno Dey, un ancien garde de camp de concentration de 93 ans, pour complicité dans 5 232 meurtres et tentatives de meurtre, perpétrés entre 1944 et 1945 à Stutthof, en Pologne, alors occupée par les nazis.
- Publié le 24-07-2020 à 06h00

"Un soutien de cet enfer"
"Vous vous considérez comme un observateur. Mais vous étiez un soutien de cet enfer créé par des hommes", lui a dit la présidente du tribunal Anne Meier-Göring à l'issue d'un procès, probablement l'un des derniers portant sur les atrocités commises sous le IIIe Reich.
Le nonagénaire, âgé de 17 à 18 ans au moment des faits, était jugé sur la base de la législation pour mineurs. Le parquet avait réclamé trois ans de prison, la défense avait plaidé le non-lieu.
Bruno Dey, apparu tout au long des audiences en fauteuil roulant et accompagné de ses proches, a servi d'août 1944 à avril 1945 au camp de concentration de Stutthof, le premier établi hors d'Allemagne.
Au total, quelque 65 000 personnes, essentiellement des Juifs des pays baltes et de Pologne, y sont mortes d'une balle dans la nuque, gazées au Zyklon B, ou pendues. Ou victimes du froid, des épidémies et du travail forcé.
L'accusé, posté sur l'un des miradors surplombant le camp, devait empêcher toute révolte ou fuite.
Jamais il n'a "directement fait de mal à quelqu'un". Jamais il ne s'est "porté volontaire pour entrer dans les SS ou servir dans un camp de la mort", s'est-il défendu.
Son avocat avait plaidé qu'un adolescent de 17 ans n'aurait pu demander son transfert, et risquer d'être envoyé sur le front de l'Est.
"Il faut veiller à la dignité humaine à tout prix. Même si le prix à payer est sa propre sécurité", a estimé la juge.
