Le Marsupilami, réellement… fictif?
Ses "houba houba", son caractère teigneux et son interminable queue font partie de notre culture belge et même du quotidien des Carolos car une statue du Marsupilami trône fièrement dans la capitale hennuyère.
- Publié le 11-07-2020 à 18h00

La bande dessinée, le neuvième art, est une marque de fabrique made in Belgium dont nous ne sommes pas peu fiers, n'est-ce pas? Pour le prouver, nous côtoyons statues et fresques murales de personnages sortis de l'imagination de nos auteurs et dessinateurs dans les rues du plat pays, du nord au sud: l'Agent 212 à Middelkerke, Boule et Bill à Jette, les Schtroumpfs à Genval, Martine et Patapouf à Tournai… Mais imaginez l'étonnement d'un touriste chinois, peu au fait de l'existence de nos personnages de fiction, lorsque son car fait le tour du rond-point Jules Hiernaux à Charleroi: quelle est cette bête, jaune à taches noires, avec une si longue queue? Existe-t-elle vraiment?
Une espèce nouvelle pour la science
Tout droit sorti de l'imagination d'André Franquin, le Marsupilami fait sa première apparition dans un numéro de Spirou et Fantasio en 1952 avant de devenir le héros de sa propre série. Le dessinateur effectue un travail zoologique poussé: son animal appartient à la famille des monotrèmes, mammifères ovipares, il est doté d'une queue préhensible – qui a la faculté de saisir -, se nourrit de puces, de piranhas et de fourmis carnivores et vit dans un nid tressé en forme de mollusque bivalve.
Franquin crée une bête au descriptif si précis que la barrière entre réalité et fiction est tangible. Preuve en est avec le trait d'humour du zoologiste Alain Quintart en 1989. Ce dernier publie dans la Revue des naturalistes belges un article scientifique intitulé Le Marsupilami, une espèce nouvelle pour la science. Quelque temps plus tard, après avoir pris connaissance de cet article, la célèbre Zoological Society of London inventorie le Marsupilamus franquini. Si certains se sont offusqués, il est cependant utile de se souvenir de l'humour anglais en toutes circonstances.
Depuis 1989, le Marsupilami accueille le visiteur à Charleroi et a subi deux petits incidents: la statue a été sauvée par les pompiers lors d'une violente tempête en 1990 et, en 1997, a subi l'humour graveleux d'un citoyen qui lui a ajouté un phallus de 1,50 m. En 2020, c'est son année, le Marsupilami s'offre une restauration.
