VIDÉO | Pourquoi le ministre des Indépendants a-t-il rendu visite à la police ce lundi matin?: "Ils sont nos personnes de contact sur le terrain"
En visite au commissariat d'Uccle, le ministre Ducarme a tenu à rappeler que la police était au premier rang pour faire appliquer les règles de déconfinement.
- Publié le 22-06-2020 à 15h12

Ce lundi matin, le point à l'agenda du ministre Ducarme en aura étonné plus d'un. Celui qui est pourtant ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME ou encore de l'Agriculture avait rendez-vous… au commissariat d'Uccle pour rencontrer les agents de terrain. À première vue, aucun lien direct donc avec ses différents domaines de compétences et loin de ses terrains de jeu habituels.
On aurait annoncé son collègue Pieter De Crem, ministre de l'Intérieur et de la Sécurité notamment, on aurait évidemment été beaucoup moins surpris. Maisl'ancien échevin de Thuin se défend d'être venu à Uccle uniquement pour l'image et la com'. Il y avait derrière sa visite un réel objectif."Pour lancer le déconfinement, nous avons pris beaucoup de dispositions et de mesures, mais une fois sur le terrain les commerçants ont d'abord des contacts avec les communes ou la police, s'est justifié le ministre. Ce sont en quelque sorte nos personnes de contact sur le terrain. C'était donc important pour moi de venir à leur rencontre pour leur demander comment cela se passe pour eux."

Plusieurs fois, Denis Ducarme a tenu à rappeler que la police bruxelloise était victime d'un certain bashing ces dernières semaines et qu'il se voulait aux côtés des policiers, qu'il était aussi là pour leur apporter son soutien. Mais alors que la police ne cache plus, elle-même, son ras-le-bol, le commissariat ucclois n'est sans doutepas celui qui est amené à gérer la zone la plus difficile, au contraire même. "Mais je suis aussi en contacte avec des policiers des différentes zones, reprend Denis Ducarme. Mais sur cette zone de policeils ont aussi des difficultés en matière de criminalité. Nous sommes à Bruxelles et avec des situations qui sont loin d'être agréable à gérer." À moins que sa présence ne soit liée au bourgmestre d'Uccle, Boris Dilliès, compagnon du ministre sur les listes du MR. "Je suis en contact avec lui, confirme-t-il. Nous avions eu des échanges sur la manière dont ces policiers souffraient. C'est important pour un ministre d'avoir des contacts avec des hommes de terrain."
Même s'il n'était donc pas vraiment sur son terrain, le ministre Ducarme a pris le temps de discuter longuement, sous l'œil des caméras, avec les différents agents de ce commissariat du sud de Bruxelles. Les agents présents ont, semble-t-il apprécié le geste et la mise en valeur de leur action.
Police à vélo, section canine ou encore inspecteur de quartier, tous ont pris le temps de détailler leur mission au minsitre. "Je pense que la population belge est actuellement un peu dans le flou par rapport à toutes ses directives qui changent régulièrement, précise après coup l'inspecteur de quartier Benjamin Nulluy. Ceux-ci nous interpellent surtout pour avoir plus d'information. Ils nous demandent s'ils font leur travail dans les règles. Notre première mission est donc de les informer. De leur dire de faire attention s'ils s'éloignent un peu trop de ce qui est autorisé."

L'amende pas une fin en soi
Du côté du commissariat ucclois, on préfère pour l'instant privilégier le dialogue et laisser le carnet d'amende bien au fond de la poche. "Parce que le climat est positif, ajoute l'inspecteur. À partir du moment où vous avez une communication sereine et pas toujours dans la répression, les choses se passent bien. Nous comprenons qu'ils ont vécu des mois difficiles. Leur coller une amende n'est certainement pas la bonne solution. Il ne faut pas en plus oublier qu'une fois que la crise du Covid19 sera terminée, nous serons toujours là sur le terrain. S'ils ont une mauvaise image de nous, alors nous n'aurons rien gagné. L'amende n'est pas une fin en soi."

