Destinations, résidences, activités, budget: comment le coronavirus a modifié les projets de voyage des Belges
Si les Belges ne comptent pas faire une croix sur leurs vacances, le coronavirus les pousse à changer leurs projets de voyage. Explications.

- Publié le 12-06-2020 à 16h44

Pour la deuxième fois cette année, l'Association des tour-opérateurs belges (ABTO) et le Fonds de garantie voyages ont analysé les projets de voyage des Belges. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est que la pandémie et le confinement ont modifié les envies et les attentes des vacanciers.
1Des voyageurs incertains qui reportent leurs vacances
C'est un fait: la crise sanitaire fait douter les voyageurs. À en croire un sondage mené à la mi-mai auprès de 858 Belges qui envisageaient de s'offrir des vacances dans les 24 prochains mois, ils sont désormais 15% (contre 9% avant le confinement) à ne plus rien programmer d'ici 2022. "Et dans 33% des cas, les raisons invoquées concernent le coronavirus", note Pierre Fivet, le porte-parole de l'ABTO.
Refroidis par la pandémie mais aussi sans doute le renforcement des contrôles aux frontières, "les autres voyageurs ont, dans l'ensemble, tendance à reporter leur départ", ajoute Pierre Fivet. Pour preuve, seulement 71% d'entre eux comptent toujours découvrir de nouveaux horizons d'ici les 12 prochains mois alors qu'ils étaient 82% il y a quelques semaines encore.
Si la possibilité de profiter d'un "corona voucher" devrait quand même pousser les Belges à partir en 2021, les tour-opérateurs du pays, qui fondent de grands espoirs dans les "last minute", s'attendent toutefois à une plus forte reprise des activités touristiques à partir du mois d'août.
"On voit apparaître deux fortes tendances, résume le porte-parole d'ABTO. D'une part, les Belges marquent plus d'intérêt pour profiter de leurs vacances durant les deux dernières semaines d'août alors qu'ils se voyaient plutôt partir lors des deux premières semaines de juillet avant le confinement. Et d'autre part, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir partir en septembre (15% contre 11%) et octobre (10% contre 7%)."
2La Belgique… et les Pays-Bas plébiscités
Comme attendu, la Belgique devient la première destination envisagée par les voyageurs belges, confirme le sondage. "Mais ce n'est pas le raz-de-marée annoncé, nuance Pierre Fivet. Au final, seulement 14% (contre 10% avant le lockdown) d'entre eux souhaitent visiter le pays. Les autres personnes interrogées s'imaginent plutôt partir ailleurs en Europe (les voyages continentaux sont en hausse de 5%, NDLR) comme en France (12% contre 14,5%) ou en Espagne (9,5% contre 11%). Ou alors aux États-Unis (2,5% contre 1,5%) où les grands espaces continuent de faire rêver."
Dans un contexte où le risque sanitaire ne représente pas encore un facteur "trop important" dans le choix des voyageurs, les Pays-Bas semblent toutefois tirer également leur épingle du jeu puisque l'intérêt porté à nos voisins a quasiment doublé (de 4,5% à 8%) durant le confinement.
3Des voyages en voiture plutôt qu'en avion
Autre constat frappant: les transports partagés comme l'avion et l'autocar perdent (un peu) la confiance des Belges. À l'inverse, la voiture, "qui offre un sentiment de sécurité" tout en restant loin des grandes foules, est davantage plébiscitée (+10%) par les voyageurs.
4Les locations et les résidences secondaires en hausse
Si les Belges restent assez fidèles aux hôtels, les tour-opérateurs observent "un déplacement" vers les campings, les locations (de villa, d'appartement ou de chalet) et les résidences secondaires.
"Les voyageurs sondés semblent vouloir s'éloigner un peu des lieux de grand rassemblement, explique Pierre Fivet. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils sont plus nombreux à ne plus vouloir des formules buffets des hôtels, par exemple."
5Un budget à la hausse pour plus d'activités
Bien que la crise sanitaire ait un peu ébranlé leurs certitudes, les Belges, confinés pendant plus de deux mois, ne comptent pas faire une croix sur leur(s) voyage(s) à venir. Au contraire, ils déclarent même être prêts à dépenser plus (de 801 euros à 893,50 euros, soit +11,5%) "pour s'offrir des vacances faites de sports, comme le jogging et le vélo qu'ils ont (re)découverts pendant la quarantaine, et de divertissements".
"Malgré des prévisions économiques pessimistes, cette augmentation est énorme. Et elle prouve que voyager reste très important pour les Belges", conclut le porte-parole d'ABTO.
Comme quoi, l'avenir du secteur touristique n'est pas forcément sombre en ces temps compliqués.
