Horeca, écoles, salles de sport: ils sont prêts pour ce lundi
La salle de sport Fitnessentiel à Hannut relance ses machines. Olivier, le gérant, a réorganisé toute ses zones de sport.
- Publié le 08-06-2020 à 09h19

"Enfin!" C'est le cri du cœur d'Olivier Dachelet, 31 ans, gérant de la salle de fitness Fitnessentiel à Hannut, qui ce lundi matin, rouvre après trois mois de fermeture. "Pour faire plaisir à mes clients, j'organisais des cours à l'extérieur depuis 15 jours, gratuitement. Mais on était tributaire du temps." Un plan B qui a eu son petit succès. Mais là, enfin, Olivier va pouvoir relancer ses machines, à nouveau coacher et voir ses sportifs s'entraîner normalement. Ou presque… Car les mesures imposées par la phase 3 du déconfinement ne sont en effet pas simples à mettre en œuvre. "Tout l'accueil a été repensé pour ne pas que les gens se croisent. Un sens giratoire est mis en place dans la salle. Une application permet de gérer le flux des sportifs. Une machine sur deux a été condamnée, pour les règles de distanciation. Quant à la désinfection des engins, la pratique était déjà en vigueur avant le coronavirus. Chez nous, chaque sportif doit nettoyer son engin après utilisation."
Pour les postes cardio et les tapis de course, engins les plus prisés, le patron les a séparés par des cloisons en plexiglas. Enfin, et c'est la règle partout, les vestiaires et sanitaires sont condamnés pour l'instant.
Et les cours collectifs? Ils sont maintenus avec quelques aménagements, minimes. "La séance passe d'1h à 45 minutes pour avoir le temps de désinfecter et pour éviter le brassage des gens. J'ai aussi limité le nombre de participants à 12 au lieu de 20, en comptant 10 m2 par personne."
Pour être prêt, le gérant a passé tout son week-end à la salle. "Les gens sont en attente. Depuis quelques jours, je reçois beaucoup de coups de fil d'habitués pressés de revenir." Avec le risque que sa salle soit débordée? "Non car je propose une plage horaire quotidienne de 13h30. J'ouvre de 8h à 21h30 ce qui permet d'étaler les arrivées." Les 100 à 150 personnes qui défilent habituellement chaque jour chez lui devraient être accueillis sans souci…
La reprise arrive en tout cas comme une délivrance. "Trois mois de fermeture, c'était dur. Je vis sur mes réserves. Pour remonter la pente, ici, je suis obligée de ne pas prendre mon personnel. Je dois tout gérer moi-même quelque temps. J'ai l'impression de me retrouver en 2016 quand j'ai lancé la salle. J'ai travaillé pendant deux ans à 80h/semaine…"

Ce week-end, la Grand-Place de Huy, bordée de commerces horeca, reprenait des couleurs et de la vie pour les derniers préparatifs avant la réouverture.
Au "Littéraire", café mythique du centre, tenu depuis 23 ans par Olivier Loumaye, on sent l'excitation poindre. "Je suis prêt et j'ai hâte. Je n'ai pas tellement gonflé ma terrasse, à peine 1 m en plus. On n'a pas beaucoup de marges de manœuvre sur la Grand-Place, déjà fort occupée."
Le patron a en tout cas tout prévu pour ce lundi matin: gel hydroalcoolique, masques pour son personnel, distanciation entre les tables… Et par précaution, seule la moitié de son personnel reprendra, dans un premier temps… "Mon état d'esprit? Il est temps de retravailler car c'est capital. Maintenant, les gens vont-ils revenir dans les cafés? Et puis la météo n'est pas avec nous non plus… Il faut pourtant tenir financièrement, ce qui signifie arriver au moins à 60% du chiffre d'affaires habituel. En fait, l'envie de bosser est là mais il y a tellement d'incertitudes. Je dirais que je partage un optimisme modéré. Je me réjouis en tout cas de revoir mes habitués, de retrouver l'effervescence habituelle de la place."