La Belgique regrette la décision américaine et souligne l'importance du Traité Open Skies
Dix pays européens, dont la Belgique, se sont fendus vendredi d'une déclaration conjointe à la suite de l'annonce par Donald Trump du prochain retrait des États-Unis du traité "Ciel ouvert" (Open Skies), un traité permettant l'observation depuis les airs des armements et activités militaires des autres États parties.
- Publié le 22-05-2020 à 17h22
- Mis à jour le 22-05-2020 à 20h20

Les États-Unis accusent la Russie de ne pas respecter les termes de ce texte signé par 34 pays, dont les membres de l'OTAN.
"Nous regrettons l'annonce du gouvernement des États-Unis", affirment les dix pays dans la déclaration conjointe, transmise par les Affaires étrangères. "Nous continuerons à mettre en œuvre le Traité" et "continuerons à dialoguer avec la Russie" quant à sa mise en œuvre, ajoutent-ils. Aux côtés de la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Luxembourg, la France, l'Italie, la République tchèque, l'Espagne, la Suède et la Finlande sont les auteurs de cette déclaration.
Les pays y reconnaissent partager les préoccupations "relatives à la mise en œuvre des dispositions du traité par la Russie". Mais le texte reste "fonctionnel et utile", "une valeur ajoutée évidente pour notre architecture de maîtrise des armements conventionnels et notre sécurité commune", estiment-ils.
"Nous continuerons à dialoguer avec la Russie comme cela a été précédemment décidé […] afin de régler les questions en suspens, telles que les restrictions indues imposées sur les vols au-dessus de Kaliningrad. Nous continuons à appeler la Russie à lever ces restrictions et poursuivons notre dialogue avec toutes les parties".
Moscou accuse Washington "de semer la discorde
La Russie a accusé vendredi Washington de diviser ses alliés après l'annonce d'un possible retrait américain du traité "Ciel ouvert" qui permet de vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires.
"Les États-Unis sèment la discorde et l'incertitude parmi leurs propres alliés en prenant de telles décisions. Ils ignorent l'opinion de beaucoup d'autres membres de l'OTAN et d'autres pays qui font partie de ce traité", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.
"Les conditions que les États-Unis nous ont imposées sont absolument inadmissibles, catégoriquement inadmissibles, elles n'ont aucun sens, aucun fondement", a-t-il ajouté, lors d'une vidéo-conférence. "Nous sommes prêts à continuer le dialogue et à chercher un accord, mais pas à accepter d'exécuter ce qui a été formulé par Washington", a poursuivi M. Riabkov.
L'OTAN demande à Moscou de respecter ses obligations pour sauver le traité
Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a appelé vendredi la Russie à respecter son obligation de coopération à la surveillance de ses activités militaires pour sauver le traité "Ciel Ouvert", menacé par un retrait des États-Unis.
"Le retour de la Russie au respect du traité est le meilleur moyen de préserver les avantages du traité", a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion d'urgence en vidéoconférence avec les ambassadeurs des pays de l'Alliance.
