Maggy et Aimadji au cœur du Covid: "Toute l'équipe était choquée, nous avions peur"
Ce 12 mai, c'était la Journée internationale des infirmières. Aimadji et Maggy expliquent leur vécu dans l'unité Covid-19 du Centre Lennox.
- Publié le 13-05-2020 à 06h16

-Des premières mesures de confinement ont été décidées pour la Belgique le 12 mars. Les mesures ont été renforcées à partir du 18 mars , prolongées le 27 mars jusqu'au 19 avril et encore prolongées le 15 avril jusqu'au 3 mai. Une stratégie de déconfinement en 3 phases a été présentée le 24 avril. Les précisions sur le déconfinement ont été apportées le 6 mai .
- Numéros utiles: tous les ressortissants belges qui se retrouvent coincés dans un pays étranger peuvent contacter le call center du SPF Affaires étrangères au 02/501.40.00 (de 9h à 20h, heure belge). Pour tout autre question, afin de désengorger les postes de garde de médecine générale, une ligne spéciale a été mise en place: 0800/14 689 (entre 8h et 20h).
- Mais aussi:le site web www.info-coronavirus.bele et le compte Twitter du SPF Santé.
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L'unité C2 du Centre hospitalier neurologique William Lennox (Ottignies-Louvain-la-Neuve), dans laquelle Aimadji Nadjinangar et Maggy Nadolny travaillent, a été décrétée unité Covid-19. "Notre unité étant la plus technique de l'hôpital, elle est devenue la référente Codiv-19", expliquent-ils.
C'est avec quelques appréhensions mais aussi avec beaucoup de courage, qu'ils ont accompli le boulot. "J'ai un fils de 14 ans, et un mari qui travaille dans l'enseignement. J'avais peur de ramener l'infection à la maison", raconte Maggy.
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Aimadji enchaîne: "J'ai un fils de trois mois. On était certes un peu anxieux mais on ne s'est pas posé beaucoup de questions, il fallait faire le boulot. Nous avons reçu très vite les protections adéquates, un sas a été créé à l'entrée de l'unité…"
"Nous n'avions pas envie de refiler le travail à d'autres", souligne Maggy. Celle-ci a été touchée par le virus: "J'ai infecté mon mari. On s'est soigné, on s'en est sorti. Je ne sais pas aujourd'hui si je suis immunisée." Une collègue a dû être hospitalisée en soins intensifs: "C'était une période très difficile pour nous tous. Toute l'équipe était choquée. Nous avions peur. Nous avons reçu un soutien psychologique. Aujourd'hui, elle va mieux. J'angoissais à l'idée de venir travailler, je me demandais comment cela allait se dérouler", poursuit Aimadji
Le travail a changé au plus fort de la crise: "Nous avons accueilli une vingtaine de patients Covid, tous infectés au Centre Lennox. Le travail était très lourd malgré une équipe renforcée. Nous avons eu des décès chez les patients. Ce n'était plus le même métier. Nous étions épuisés. Certaines collègues pleuraient tellement c'était dur."
"Je ne pense pas que nous aurions la force de tenir le coup une deuxième fois"
À la maison et dans la rue aussi, les habitudes ont changé: "Lorsque je rentre à la maison, je laisse tous les vêtements à l'entrée et je monte directement prendre une douche", lance Aimadji.
Maggy: "On avait envie de parler d'autre chose hors de l'hôpital mais partout, la famille, les voisins, la télé, tout nous rappelait la crise sanitaire. Notre regard en rue a aussi changé. On scrute les gens dans la rue, ceux qui se rassemblent, se frottent la figure avec les mains. On devient un peu paranoïaque…"
Les messages d'encouragement venus de l'extérieur étaient très appréciés: "Les applaudissements, les attentions des commerçants de la région sont des gestes qui nous ont touchés. Nous avons aussi reçu beaucoup de soutien interne, des collègues, de la direction", indiquent-ils.
L'équipe est aujourd'hui soulagée. Deux patients restent atteints, c'est désormais gérable, heureusement car "je ne pense pas que nous aurions la force de supporter une deuxième vague, de tenir le coup une deuxième fois."
