Coronavirus: les stages d'été se préparent "dans le flou le plus complet"
Au CFS (Bierges), toutes les activités sont à l'arrêt. En attendant les directives du CNS, on prépare les stages d'été. Mais c'est très flou.
- Publié le 06-05-2020 à 06h03

Depuis le lundi 16 mars, les activités du Centre de formation sportive (CFS) sont à l'arrêt. Pas d'activités extrascolaires, pas de cours pour adultes et encore moins de stages pendant les vacances de Pâques. L'ASBL privée, basée à Bierges et active en Brabant wallon, à Bruxelles et en province de Liège, a mis au chômage économique ses 33 employés. Entre 250 à 300 moniteurs – employés, intérimaires, indépendants, étudiants et bénévoles – ne savent pas non plus s'ils pourront compter sur la période estivale pour travailler. Plus de 10 000 enfants, et leurs parents, sont également en attente de réponses.
Les stages d'été payent nos coûts fixes. S'ils n'ont pas lieu, je ne sais pas comment on fera en septembre.
"Les stages d'été représentent 70 à 80% de notre chiffre d'affaires"
Malheureusement, Dimitri Francis, directeur du CFS, n'est pas plus avancé pour les mois à venir. " On n'a toujours pas de directives claires. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que les stages d'été représentent 70 à 80% de notre chiffre d'affaires. Si on ne les organise pas, je ne sais vraiment pas comment on fera en septembre. Car nos coûts fixes sont payés par ces stages. On fera tout ce qui est possible pour éviter des licenciements. Je gère une ASBL familiale, la plupart des employés sont des potes. Ça me ferait mal au cœur…"
Le secteur, qui se concerte (voir ci-dessous), est en tout cas prêt à organiser ces stages. Mais dans quelles conditions? "On doit tout repenser, mais c'est faisable. On prévoit toujours pas mal d'excursions à la mer, au parc d'attractions, en kayak, etc. On devra sans doute réorganiser nos stages, en fonction des mesures de sécurité. Les parents et les enfants auront besoin de nous cet été, on en est certain!"

Le secteur est ultra-concurrentiel. Pourtant, face à la crise, ils ont décidé de parler d'une seule voix à la ministre des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny. "Nous sommes 430 ASBL privées en FWB, représentons 2 000 équivalents temps plein et créons plus de 10 000 emplois durant les congés scolaires. Chaque année, près de 550 000 enfants participent à nos stages", résume Dimitri Francis (CFS). Après concertation avec une quarantaine d'ASBL privées, Dimitri Francis (CFS) a proposé au gouvernement un plan de reprise des activités et plus particulièrement des stages d'été. "Nous ne souhaitons aucune garantie sur la planification des stages d'été. L'essentiel est la santé de tous les concitoyens. Notre intention n'est pas non plus de nous plaindre, mais au contraire, nous souhaitons participer activement et travailler à l'aménagement de nos stages pour pouvoir répondre aux consignes sanitaires. Si reprise économique il y a, les enfants devront être occupés pendant que leurs parents travaillent. Nombreux sont les parents qui nous demandent de pouvoir leur garantir des stages après cette période marquante tant émotionnellement que socialement et physiquement pour leurs enfants."
La question du surcoût dû aux mesures sanitaires (réduction du nombre d'enfant par groupe, organisation en silo, achat de masques, de savon et de gel hydroalcoolique, etc.) est également abordée. "On l'estime à 20% par rapport à un fonctionnement "normal". Une solution pour absorber ce surcoût, et ne pas l'imputer aux parents ou aux organisateurs de stages, serait de proposer des chèques sport au travers du budget de la FWB."
"On sait à quel point c'est crucial"
Le courrier a été envoyé ce lundi 4 mai à la ministre Glatigny. Elle a en partie répondu aux interrogations du secteur ce mardi en radio sur La Première, en confirmant qu'une concertation était en cours pour le maintien des camps de jeunesse, des plaines de vacances et des stages d'été. "On sait à quel point c'est crucial: il y a 2 700 camps cet été, 1 200 plaines de vacances, des stages, et on sait à quel point c'est important pour les jeunes de faire un exercice de socialisation et de bien-être psychologique", a-t-elle indiqué.