Diagnostic du coronavirus: la méthode de l'UNamur fait des petits Bass
En Belgique comme à l'étranger, la technique de diagnostic du covid-19 développée à Namur est reproduite.

- Publié le 28-03-2020 à 00h00

Ses portes sont clauses, les étudiants absents, mais l'Université de Namur n'est pas vide pour autant. Au contraire, en son sein, l'institution namuroise a pris des allures de fourmilière où des dizaines de scientifiques gantés et masqués s'activent.
nlassablement, les échantillons issus de frottis prélevés sur des patients suspectés d'être atteints du coronavirus sont analysés selon la méthode développée en collaboration par des chercheurs de l'UNamur et de la KULeuven.
Bientôt une augmentation du nombre de dépistages
Dans les prochains jours, voir les prochaines semaines, les scientifiques namurois ne seront plus les seuls à poser les gestes précis du protocole reproductible pensé par Benoît Muylkens, directeur de l'Unité de recherche vétérinaire intégrée (URVI).
"Nous venons d'obtenir une convention-cadre qui permettra à tout laboratoire privé ou public d'établir un contrat pour venir en soutien des laboratoires déjà reconnus", indique ce vendredi le virologue namurois. Une étape administrative qui ouvre en Belgique une voie royale à une augmentation du nombre de dépistages du virus tel que préconisé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Entre analyses et formation
Signe qu'identifier le virus est un enjeu capital dans la gestion de la pandémie, les analyses réalisées dans les laboratoires de l'Université de Namur ont déjà apporté leurs premiers résultats concrets. À la demande d'un groupe hospitalier wallon, des tests ont été effectués sur des patients sous dialyse.
En effet, ces derniers, de par leur traitement, sont amenés à se rendre plusieurs fois par semaine dans les hôpitaux, avec les risques de contamination croisée que cela comporte. "Nous réalisons jusqu'à 150 analyses de patient par jour, ce qui a permis de réorganiser le travail au sein de l'hôpital ", illustre Benoît Muylkens qui garde toujours l'objectif de 500 analyses quotidiennes en ligne de mire.
Si depuis l'annonce de la mise au point de la méthode, les tests se sont succédé, les contacts avec d'autres institutions également. Le virologue a ainsi retrouvé un instant son rôle de professeur. Cette fois, ce n'est pas à un auditoire, mais bien à des confrères scientifiques confirmés à qui il a transmis ses savoirs.
La liste s'allonge
C'est ainsi que l'Université de Mons a emboîté le pas cette semaine. L'ULB, la KULeuven, l'hôpital de Marche, le groupe Jolimont (Hainaut), Ambroise Paré (Mons) devraient suivre, de même que les hôpitaux namurois avec lesquels des contacts ont été engagés.
Et la liste promet de s'allonger un peu plus encore. Pour rappel, la méthode mise au point par Benoît Muylkens repose sur une technique d'extraction d'ARN (NDLR: l'information génétique du virus) et ne nécessite que trois éléments: un produit chimique spécifique, une hotte à aspiration et une centrifugeuse. Surtout, elle permet de s'affranchir des réactifs en pénurie.
