Les images pieuses, antidotes face aux épidémies
Notre série sur les traces des épidémies de jadis plonge au fond de nos tiroirs. On y retrouve des images et prières contre les maladies.
- Publié le 27-03-2020 à 21h02

Elle s'apparente à une page, intitulée Prière destinée à être attachée à la porte de sa maison. Sa vertu: "être préservé du choléra et de tout autre malheur", rien que cela!
Encadrée dans une maison de Frasnes, davantage pour son intérêt historique et anecdotique que pour son pouvoir protecteur, cette image pieuse témoigne de l'antidote que pouvait constituer l'acquisition d'une prière imprimée ou d'une icône couchée sur papier, en temps d'épidémie.
On la clouait sur la porte d'une maison, d'une armoire, au mur, dans l'étable ou dans sa malle lors d'un voyage. Et finalement, est-ce que les choses ont changé? Combien n'ont pas un saint Christophe dans leur voiture, le médaillon d'une Vierge, d'un saint Roch ou d'une sainte Rolende dans un portefeuille ou sur une chaînette?
Parfois de véritables œuvres d'art, ces images de jadis sont innombrables, aujourd'hui, dans les brocantes et les tiroirs fourre-tout. Certaines sont grandes comme celle de Frasnes. Mais d'autres sont bien plus petites, à peine un centimètre carré. Leur intérêt? Elles pouvaient être ingérées par les croyants, à l'instar d'une hostie consacrée ou… d'un médicament salvateur. Ces "images à avaler" ont aussi eu leur succès mais, par définition, il n'en reste plus grand-chose…
Imprimées sur papier léger, elles étaient distribuées lors de processions ou vendues par plaquettes de six à une centaine d'illustrations, suivant le traitement à s'infliger… Pour se protéger ou guérir du mal, il "suffisait" alors "d'en incorporer une chaque matin dans son pain, de la tremper dans de l'eau ou de la soupe, de l'écraser dans la bouillie des enfants", explique Philippe Fix, spécialiste, dans un article du Vieux Papier de janvier 2013. Il ajoute même que certaines étaient mélangées dans le foin, à destination du bétail!
Témoin des croyances de l'époque et, à travers elle, de la détresse de populations entières face aux menaces d'épidémies, ces images sont des traces du passé et des maladies vécues jadis.
Elles réapparaissent, actuellement, dans le cadre de l'épidémie du coronavirus. Sous la forme d'oriflammes à la gloire de saint Roch dans les rues de Thuin, comme sur les sites Internet chrétiens!
http://histoire-des-images-pieuses-canivets.e-monsite.com/
