Et si Nicolas avait eu le coronavirus?
Rentré patraque d'une zone à risque, Nicolas a voulu se faire dépister. Son médecin a accepté, le labo a semé le doute.

- Publié le 07-03-2020 à 06h00

Nicolas (prénom d'emprunt), comme beaucoup de Belges, est revenu de vacances, samedi passé. Il venait de séjourner quelques jours dans la station de ski Contamines-Montjoie, l'une des premières sur le territoire français à avoir subi l'assaut du Covid-19. Et justement, peu après son retour, notre vacancier s'est senti mal.
"J'avais mal la gorge, étais fiévreux. J'imaginais bien que j'avais la grippe et estimais avoir peu de chance d'avoir contracté le coronavirus. Mais restait un doute. J'ai donc voulu agir civiquement et respecter le protocole. J'ai téléphoné à mon médecin pour qu'il passe me voir, histoire d'éviter, comme conseillé, les cabinets et hôpitaux." Selon son médecin, Nicolas présente bien tous les symptômes pouvant l'amener à faire un test.
Un jour passe, le médecin vient une première fois mais Nicolas n'est pas là. Le lendemain, Nicolas va mieux et le test n'aura pas lieu.
Pourquoi? Le fait que la fièvre de Nicolas soit tombée mais aussi une réponse nébuleuse obtenue par le docteur auprès de son laboratoire de référence.
De quoi désemparer et le patient et le généraliste. "J'ai reçu de mon laboratoire deux prélèvements, seulement. Ça impose de choisir correctement à qui on fait le test. Puis, ça pose la question: est-ce renouvelable? Va-t-on m'envoyer la suite? Toujours est-il que mon malade rentrait bien dans les critères. Mais, quand j'ai téléphoné au laboratoire, un biologiste m'a répondu que si le patient ne revenait pas de Wuhan ou du Nord de l'Italie, il n'y avait aucune raison de faire le test. Rien ne m'en empêchait, bien sûr. On m'a aussi dit que le centre d'analyse était débordé, il fallait septante-deux heures pour avoir les résultats. Cette discussion ne m'a pas éclairé, que du contraire. Comment savoir qui je devais dépister? Mon patient semblait aller mieux mais rien ne me disait qu'il n'avait pas le virus. "
Aux dernières nouvelles, il n'y a encore eu aucun cas déclaré dans le Namurois. "Mais si les laboratoires ne sont pas enclins à dépister tout le monde, comment déclarer les cas? J'étais rassuré de voir que mon patient avait réagi intelligemment et pris ses précautions. Je constate, en me demandant comment faire un dépistage, que nous sommes dans le flou le plus total. Je ne suis pas inquiet, pour le moment, mais comment la situation aura-t-elle évolué dans deux ou trois semaines, quand le risque de contamination sera accru."
De son côté, Nicolas renchérit: "De mon côté, je sais que je n'encours pas grand-chose. Cela dit, je suis indépendant, tous les jours je suis amené à rencontrer les gens. Qui sait qui je peux contaminer si j'ai effectivement le virus. "
